10 ans après l’avis de la Cour inter­na­tionale de justice (Afps)

Publié le par revolution arabe

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Amener Israël à rendre compte de ses crimes

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Il y a dix ans, le 9 juillet 2004 la Cour inter­na­tionale de Justice (CIJ) de La Haye rendait son avis sur les consé­quences juri­diques de la construction du Mur en ter­ri­toire pales­tinien occupé. Eta­blissant de façon irré­fu­table son illé­galité, il faisait l’effet d’une véri­table bombe et réduisait en pièces les labo­rieuses ten­ta­tives israé­liennes de le pré­senter comme une mesure de sécurité pour pro­téger la popu­lation israélienne.


Dix ans après où en sommes-​​nous ?


La construction du Mur et de ses rami­fi­ca­tions se poursuit à l’intérieur même du ter­ri­toire pales­tinien occupé. Le Mur sépare les Pales­ti­niens des Pales­ti­niens, amène des dépla­ce­ments forcés de popu­lation, coupe les vil­la­geois de leurs terres, facilite la pour­suite et l’accélération de la colo­ni­sation, l’accaparement du sol et des richesses natu­relles et plus par­ti­cu­liè­rement des nappes phréa­tiques, éventre de façon mons­trueuse la terre de Palestine avec des dom­mages envi­ron­ne­mentaux de grande ampleur.


Pourtant, selon les termes mêmes de l’avis, que l’Assemblée générale de l’ONU avait entériné le 20 juillet 2004, il était non seulement fait obli­gation à Israël d’arrêter sa construction et de le déman­teler, mais aux Etats tiers de « ne pas prêter assis­tance au maintien de la situation créée par cette construction » et « de faire res­pecter par Israël le droit inter­na­tional huma­ni­taire » découlant de la 4ème Convention de Genève. Autrement dit, de ne favo­riser d’aucune façon ni la construction du Mur, ni l’implantation ou le déve­lop­pement des colonies et de contraindre Israël à mettre fin à cette poli­tique d’annexion à peine déguisée.


Il aura fallu attendre neuf ans pour que l’UE publie ses lignes direc­trices pré­cisant que les entités israé­liennes impli­quées dans les colonies ne pou­vaient pré­tendre béné­ficier de finan­ce­ments euro­péens et une année de plus pour que, ces tout der­niers jours, 17 pays de l’Union, et, nous dit-​​on, bientôt 20, publient des recom­man­da­tions ou des mises en garde en direction des entre­prises qui envi­sa­ge­raient d’investir dans les colonies. Depuis dix ans la colo­ni­sation s’est ren­forcée sous l’impulsion de gou­ver­ne­ments dont le but était de créer des faits accomplis sur le terrain sans que l’UE, jusqu’à la publi­cation des lignes direc­trices, et ses Etats membres ne fassent autre chose que pro­tester verbalement.


On voit aujourd’hui à quoi a abouti la tolé­rance envers cette entre­prise dont l’illégalité a été par­fai­tement démontrée, et qui a gan­gréné une large part du corps social israélien. La France doit en tirer toutes les consé­quences à la lumière de la situation gra­vissime de ces der­niers jours née de ces années de pas­sivité face à la vio­lation du droit.

L’actuel déchaî­nement de vio­lence de la part des colons et de leurs sou­tiens, la vio­lence de la répression militaro poli­cière, les bom­bar­de­ments sur Gaza, créent une situation extrê­mement dan­ge­reuse pour le peuple pales­tinien, mais aussi pour la popu­lation israé­lienne. Le peuple pales­tinien ne doit pas rester seul face à la machine de guerre israé­lienne et à la vio­lence raciste des bandes ultras. La France qui, avec ses mises en garde en direction des entre­prises, vient pour la pre­mière fois de réagir à la colo­ni­sation doit prendre la mesure de ce qui est en jeu aujourd’hui. Elle doit agir vite et sans ambi­guïté pour honorer ses enga­ge­ments, elle qui avait voté en 2004 pour l’adoption de l’avis de la CIJ par l’Assemblée générale de l’ONU.


Elle doit désormais s’opposer par des actes à tout ce qui ren­force le cancer de la colo­ni­sation qui bloque toute issue poli­tique fondée sur le droit et ne peut mener qu’au chaos.


Elle doit demander à ses res­sor­tis­sants de quitter les colonies et les mettre en garde contre leur par­ti­ci­pation à une grave vio­lation de la 4ème Convention de Genève. Elle doit déférer devant la justice ceux qui sont impliqués dans les vio­lences et crimes racistes, qu’ils dis­posent ou non d’un pas­seport israélien.

Elle doit saisir en urgence le Conseil de Sécurité pour contraindre Israël à cesser son agression contre le peuple palestinien.  

 

AFPS, mardi 8 juillet 2014 Le Bureau national

 

 

http://www.france-palestine.org/10-ans-apres-l-avis-de-la-Cour


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