Algérie : Musiques Rebelles

Publié le par revolution arabe

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Participez à La Semaine Anti-Coloniale, du 23 Février au 11 Mars 2012

1962-2012 : la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie va donner lieu à de multiples manifestations politique, militantes et culturelles.


Egalement, vigilance s’impose, à autant de clins d’oeil et autres appels du pied obscènes de l’UMP et affidés aux « nostalgériques » dans le dessein tellement évident de racler les poubelles fétides de l’électorat le plus raciste.


Au nombre de ces initiatives, l’association Sortir du Colonialisme édite une compilation de 4 CD de musique algérienne, racontant à travers chansons et artistes phares, l’Algérie jusqu’à ce que le peuple arrache enfin son indépendance. La domination française a été une violente agression économique, sociale, culturelle, psychologique dont l’Algérie souffre encore.


Les musiques tant populaires que savantes témoignent du métissage d’influences plurielles, africaines, berbères, arabes, andalouses mais aussi françaises et occidentales. Musiques Rebelles en offre divers styles : Châabi (genre de musique plutôt urbaine), arabo-andalou, raï, chants kabyles, chants révolutionnaires, avec des textes et des interprètes emblématiques.


La Maison Blanche, nom donné à l’aéroport d’Alger, de Cheikh El Hasnaoui, magnifique chant de l’exil, disant la misère et la dévastation après la Seconde Guerre mondiale, qui pousse (déjà) les jeunes hommes à traverser la Méditerranée pour tenter de survivre et de faire vivre leur famille.


Et H’sissen, chantre de la fierté algérienne, dont le titre A tir El Kafs, le chant mélancolique de l’immigré, est devenu un manifeste de lutte, repris avec ferveur lors des rassemblements, toutes générations confondues.

Les débuts du raï, la musique traditionnelle, les emprunts à la musique flamenca, les chants de la Résistance, et la voix des femmes, provocantes et sensuelles.


Blues, « explicit lyrics », sous entendus et double sens, musiques militantes, pour accompagner un peuple qui arrache sa liberté. Un grand soin a été apporté aux livrets qui accompagnent chaque CD, véritables petits moments d’histoire, tant politique que musicale, précis, référencés et replacés dans le contexte de la lutte anticoloniale.


A écouter pour découvrir, connaître, reconnaître, se souvenir... et aussi onduler du bassin au rythme envoûtant du oud et de la darbouka. Emotion et tristesse mêlées à espoir et combat. Le coffret Musiques Rebelles, un joli cadeau à (s’)offrir pour affirmer que le colonisateur n’aura pas réussi dans son entreprise d’acculturation.


Kateb Yacine, l’immense écrivain algérien qui considérait la langue française comme un « butin de guerre », disait : « La francophonie est une machine politique néo-coloniale, qui ne fait que perpétuer notre aliénation, mais l’usage de la langue française ne signifie pas qu’on soit l’agent d’une puissance étrangère, et j’écris en français pour dire aux Français que je ne suis pas Français ».


Gisèle Felhendler

Coffret de 4 CD en prévente au tarif de 20 euros sur le site de Sortir du Colonialisme : www.anticolonial.net

En vente chez tous les bons disquaires et sur les plateformes de téléchargement : 25 euros

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