Déclaration sur la privatisation des services publics (Attac Maroc)

Publié le par revolution arabe

451 miniLegend

  • Non au hold-up des multinationales sur les services publics
  • Oui à la rupture des contrats de gestion déléguée sans dédommagement
  • Ils ont pillé ces services, exigeons la récupération de l’argent volé !

 

L’État continue son offensive contre les services publics par le biais de trois mécanismes.

 

En premier lieu, l’accès à ces prestations dépend du pouvoir d’achat des citoyens. Deuxièmement, ces services ont été confiés au capital privé. Troisièmement, un arsenal juridique a été voté pour accompagner cette privatisation. La charte communale, la loi sur la gestion déléguée, le décret du 30 mars 1999 mettant fin à la gratuité des services de santé et dernièrement le projet de loi 86-12 relatif au Partenariat public-privé (PPP), tous ces textes puisent leurs références dans l’Accord général sur le commerce et les services de l’OMC, les recommandations de la Banque mondiale

et les Accords de libre échange signés par le Maroc.

 

Quinze ans après avoir opté pour la gestion déléguée, les conséquences de cette gestion sont catastrophiques pour les classes populaires. La distribution de l’eau et de l’électricité, l’assainissement, la gestion des déchets, le transport en commun, les parkings, la gestion des quais des ports, tous ces secteurs privatisés connaissent un pillage systématique. Les tarifs de ces services ont explosé et la qualité continue de chuter. Au même moment, les citoyens souffrent de la vétusté du parc du transport en commun, des inondations aux premières gouttes de pluie, de l’entassement des ordures dans les grandes villes, etc.

 

Si le bilan pour les citoyens est négatif, les entreprises gestionnaires de ces services en retirent des bénéfices mirobolants (Veolia, Suez, etc.) qu’ils rapatrient leurs profits vers leurs maison-mère dans leur pays d’origine. Ces sociétés ne tiennent pas compte des cahiers de chargés signés avec le délégataire. Les contrats sont pratiquement confidentiels se négocient entre une poignée de responsables. Dans ce contexte, ces entreprises ont les mains libres pour pratiquer l’évasion fiscale et la manipulation des comptes. L’importance de la casse sociale pratiquée par ces sociétés épaulées par les responsables locaux est monstrueux et tout sous le regard complice du Ministère de l’Intérieur.

 

Un mouvement de protestation contre la privatisation des services publics de bases s’est développé au Maroc s’est développé au Maroc et a connu son apogée avec le Mouvement du 20 février en 2011. Ces actions se poursuivent pour refuser le projet de libéralisation de la médecine et l’ouverture des capitaux des cliniques aux non-médecins.

Conscients que nous devons nous impliquer dans cette dynamique, ATTAC Maroc travaille à élaborer des alternatives citoyennes au modèle du marché dominant. Nous considérons que des services publics efficaces, abordables et éco-responsables sont possibles.

 

Ceci passe par la nationalisation de ces services publics sous contrôle populaire.

ATTAC Maroc renouvèle son opposition à s’oppose à toutes les formes de toute privatisation, de au monopole du capital privé, et des multinationales sur les services publics et leur transformation en marchandise.

  • Nous appelons tous les militant-e-s du mouvement social à continuer la lutte contre le démantèlement des services publics et à la remise en cause de leur gratuité.
  • Nous exigeons la rupture des contrats de la gestion déléguée, sans dédommagement. Les élus qui ont signé ces accords n’ont aucune légitimité populaire. Les sociétés de gestion sont responsables de la dilapidation de l’argent public sans avoir honoré leurs engagements en matière d’assainissement par exemple.
  • Nous saisissons l’occasion du débat actuel pour inviter le mouvement social marocain à faire le bilan et le procès de cette politique désastreuse.
  • Nous refusons la logique libérale qui voudrait remplacer la gestion déléguée par des sociétés de développement local. Ces structures ne sont qu’une version marocaine du Partenariat public privé, dont qui a pour but de faire supporter aux finances publiques le coût des investissements et assurer au capital privé le monopole sur la gestion et la jouissance des profits tirés de l’exploitation de ces services.

Le secrétariat national d’ATTAC Maroc  Rabat, le 5 juillet 2014.
11 juillet par ATTAC/CADTM Maroc

 

 

http://cadtm.org/Declaration-sur-la-privatisation

Publié dans Maroc

Commenter cet article