Dernières notes sur l'Egypte (2)

Publié le par revolution arabe

egypt-protest-21.jpg

*

A propos de mes notes sur l'Egypte.


Ce qui se passe au Brésil ou en Turquie montre que le cycle de protestations, soulèvements et révolutions amorcé par les révolutions arabes est toujours ouvert, le mouvement toujours ascendant. Tunisie, Egypte, Yemen, Islande, Chili, Lybie, Syrie, Grèce, Espagne, Roumanie, Portugal, Slovénie, Italie, Bangladesh, Bulgarie, Bosnie, Turquie, Brésil... Quel sera le suivant ?


Bien que la majorité des média continue à dire que le Brésil n'a rien à voir avec la Turquie, la Turquie rien à voir avec l'Egypte, l'Egypte rien à voir avec la Tunisie, etc., il est certain qu'au temps d'internet et des réseaux sociaux, un nombre grandissant de gens  doivent avoir le sentiment qu'il y a quelque chose de commun et que ce quelque chose est la crise. Plus exactement, il faudrait probablement dire les trente dernières années de transformation du monde dues à l'extension à la planète dans les années 1970 de la crise de surproduction  capitaliste née aux USA dans les années 1960.


La deuxième question qu'on peut donc se poser après "quel sera le suivant ?" pourrait être "quelle va être la suite là où ça a déjà commencé ?" et donc deux nouvelles interrogations: d'une part quelle est la trajectoire, la logique du mouvement là où il a commencé il y a déjà plus de deux ans et d'autre part étant donné les influences des uns sur les autres, avec quel acquis d'expérience et de conscience le prochain pays va s'y mettre, quel pas de plus -ou pas - va-t-il franchir, qu'est-ce qu'il va apporter à l'ensemble ?  Et cela vaut également pour les pays où apparemment, en surface, il ne se passe pas grand chose, car cela n'empêche pas les gens de voir, ressentir et réfléchir. Et lorsque le mouvement surgit, c'est sur le terreau d'une situation particulière, mais aussi enrichi de ce qui a mûri souterrainement du fait de la situation internationale.


Lorsqu'on regarde ce qui se passe en Egypte, après deux ans et demi de mobilisations continues, malgré les différences de situation, on peut voir certains des traits de l'avenir des autres pays, mais il est probable également que ce qui se passe dans les autres pays influence à son tour ce qui se passe en Egypte et donne aussi une image de son futur. Des brésiliens se réclamaient de Taksim, des turcs et des espagnols de Tahir et des Egyptiens de Rio.
Pour le moment, cette convergence semble avoir pris essentiellement un tour démocratique, bien qu'en s'appuyant sur des questions sociales, la question de l'anticapitalisme affleure partout sans pourtant pour le moment éclater clairement.


Le fond actuel de la situation en Egypte peut être résumé par cette remarque d'un manifestant de Port Saïd lors d'une manifestation massive en mars: " Toute la ville était dans la rue mais on ne savait pas quoi faire." Après avoir essayé la solution démocratique, puis la solution islamiste, il y maintenant un vide. On voit à différents évènements, surgissements, tentatives que la solution socialiste ( de la propriété) liée à celle de la démocratie directe est latente mais pas arrivée à maturation. Va-t-elle être posée clairement dans la prochaine étape, dans combien de temps ou pas ? Ou la situation va-t-elle évoluer dans un sens inédit ?


Je ne sais évidemment pas ce qui va se passer en Egypte autour des manifestations annoncées comme massives le 30 juin. Peut-être beaucoup, peut-être rien. Y verra-t-on l'évolution des consciences comme ça s'est passé jusqu'à présent dans ce pays dans les grands évènements ou pas ?  Je ne sais pas. Mais les évènements égyptiens, étant donné leur antériorité dans la lutte ( comme en Tunisie), doivent être regardés avec cette situation internationale, comme je suppose le feront tous ceux qui sont engagés dans la lutte, de la Tunisie au Brésil en passant par la Turquie. Comme le disait Rosa Luxembourg en 1905, la grève générale c'est une période d'au moins dix ans où la conscience de toutes sortes de gens entrés sur la scène publique avec leurs bagages divers de consciences féodales, démocratiques, religieuses, réactionnaires passe par tous les états, avec des hauts et des bas, des avancées et des reculs, et cela à l'échelle internationale, mais dont la logique générale est celle des rapports de classe.


C'est que j'essaie d'observer -ou vérifier/infirmer -  dans mes notes dans cet An III de la révolution en Egypte, bien qu'il me manque beaucoup, beaucoup, beaucoup d'informations.


Jacques Castaing A propos de mes notes sur l'Egypte.
Ce qui se passe au Brésil ou en Turquie montre que le cycle de protestations, soulèvements et révolutions amorcé par les révolutions arabes est toujours ouvert, le mouvement toujours ascendant. Tunisie, Egypte, Yemen, Islande, Chili, Lybie, Syrie, Grèce, Espagne, Roumanie, Portugal, Slovénie, Italie, Bangladesh, Bulgarie, Bosnie, Turquie, Brésil... Quel sera le suivant ?
Bien que la majorité des média continue à dire que le Brésil n'a rien à voir avec la Turquie, la Turquie rien à voir avec l'Egypte, l'Egypte rien à voir avec la Tunisie, etc., il est certain qu'au temps d'internet et des réseaux sociaux, un nombre grandissant de gens  doivent avoir le sentiment qu'il y a quelque chose de commun et que ce quelque chose est la crise. Plus exactement, il faudrait probablement dire les trente dernières années de transformation du monde dues à l'extension à la planète dans les années 1970 de la crise de surproduction  capitaliste née aux USA dans les années 1960.
La deuxième question qu'on peut donc se poser après "quel sera le suivant ?" pourrait être "quelle va être la suite là où ça a déjà commencé ?" et donc deux nouvelles interrogations: d'une part quelle est la trajectoire, la logique du mouvement là où il a commencé il y a déjà plus de deux ans et d'autre part étant donné les influences des uns sur les autres, avec quel acquis d'expérience et de conscience le prochain pays va s'y mettre, quel pas de plus -ou pas - va-t-il franchir, qu'est-ce qu'il va apporter à l'ensemble ?  Et cela vaut également pour les pays où apparemment, en surface, il ne se passe pas grand chose, car cela n'empêche pas les gens de voir, ressentir et réfléchir. Et lorsque le mouvement surgit, c'est sur le terreau d'une situation particulière, mais aussi enrichi de ce qui a mûri souterrainement du fait de la situation internationale.
Lorsqu'on regarde ce qui se passe en Egypte, après deux ans et demi de mobilisations continues, malgré les différences de situation, on peut voir certains des traits de l'avenir des autres pays, mais il est probable également que ce qui se passe dans les autres pays influence à son tour ce qui se passe en Egypte et donne aussi une image de son futur. Des brésiliens se réclamaient de Taksim, des turcs et des espagnols de Tahir et des Egyptiens de Rio.
Pour le moment, cette convergence semble avoir pris essentiellement un tour démocratique, bien qu'en s'appuyant sur des questions sociales, la question de l'anticapitalisme affleure partout sans pourtant pour le moment éclater clairement.
Le fond actuel de la situation en Egypte peut être résumé par cette remarque d'un manifestant de Port Saïd lors d'une manifestation massive en mars: " Toute la ville était dans la rue mais on ne savait pas quoi faire." Après avoir essayé la solution démocratique, puis la solution islamiste, il y maintenant un vide. On voit à différents évènements, surgissements, tentatives que la solution socialiste ( de la propriété) liée à celle de la démocratie directe est latente mais pas arrivée à maturation. Va-t-elle être posée clairement dans la prochaine étape, dans combien de temps ou pas ? Ou la situation va-t-elle évoluer dans un sens inédit ?
Je ne sais évidemment pas ce qui va se passer en Egypte autour des manifestations annoncées comme massives le 30 juin. Peut-être beaucoup, peut-être rien. Y verra-t-on l'évolution des consciences comme ça s'est passé jusqu'à présent dans ce pays dans les grands évènements ou pas ?  Je ne sais pas. Mais les évènements égyptiens, étant donné leur antériorité dans la lutte ( comme en Tunisie), doivent être regardés avec cette situation internationale, comme je suppose le feront tous ceux qui sont engagés dans la lutte, de la Tunisie au Brésil en passant par la Turquie. Comme le disait Rosa Luxembourg en 1905, la grève générale c'est une période d'au moins dix ans où la conscience de toutes sortes de gens entrés sur la scène publique avec leurs bagages divers de consciences féodales, démocratiques, religieuses, réactionnaires passe par tous les états, avec des hauts et des bas, des avancées et des reculs, et cela à l'échelle internationale, mais dont la logique générale est celle des rapports de classe.
C'est que j'essaie d'observer -ou vérifier/infirmer -  dans mes notes dans cet An III de la révolution en Egypte, bien qu'il me manque beaucoup, beaucoup, beaucoup d'informations.


Jacques Castaing 23 juin

Publié dans Egypte

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article