Egypte: intifada ouvrière! (jc)

Publié le par revolution arabe

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"L'intifada des travailleurs renverse le gouvernement", c'est le titre du grand quotidien égyptien Al Masry al Youm du 25 février après la chute du gouvernement Beblawi hier soir...


En effet la grève pour le salaire minimum à 1200 Livres Egyptiennnes commencée le 10 février dans l'usine textile de Mahalla puis étendue à 13 autres usines textiles soit 47 000 ouvriers ( qui viennent d'obtenir tout ce qu'ils deman- daient) est en train de s'étendre à de nombreux secteurs, plus de 100 000 salariés à ce jour estiment les commen- tateurs.  Salariés des transports publics (bus) du Grand Caire et Alexandrie qui bloquent totalement les deux villes et menacent d'une grève nationale fin février. L'armée a loué des minibus privés et mis ses bus militaires à disposition des usagers. 


Conducteurs de minibus, éboueurs et balayeurs, 13 bureaux de poste qui préparent une grève nationale et dénoncent également l'interdiction qui leur est fait de créer leur propre syndicat. Employés des assurances des gouvernorats de Beheira et Daqahliya. Policiers d'Alexandrie et Gharbiya, Sharqiya, Minya et Nouvelle vallée qui ont d'ores et déjà obtenu une augmentation de 30% de leurs bonus.


Gardiens divers du gouvernorat de Monufiya
Employés des magasins d'Etat Effendi
Employés des eaux et terres de Banha, Minya, Damiette, Beheira
Employés des offices notariaux qui dénoncent les millions des riches qu'ils voient circuler sous leurs yeux alors que eux-mêmes sont dans la misère.


Mais la grève pour le salaire minimum s'étend à d'autres motifs et d'autres catégories.

 

En effet de nombreux travailleurs sont en contrat précaires ou partiels et ne peuvent donc pas bénéficier du salaire minimum. Aussi des grèves ont donc commencé pour la titularisation des précaires et des contrats à temps plein pour tous. C'est pourquoi le gouvernement vient en toute urgence de titulariser 75 000 enseignants à temps plein, d'autant plus que les enseignants menacent de se mettre en grève. Par ailleurs de nombreuses entreprises qui étaient jadis nationalisées ont été privatisées à partir des années 1990.

 

On assiste ainsi à des grèves dans certaines de ces entreprises où les salariés exigent leur renationalisation. Des ouvriers de ces entreprises qui ont été licenciés manifestent et occupent le siège du syndicat d'Etat ETUF pour exiger leur réintégration. Des retraités manifestent en demandant que la hausse du salaire minimum soit répercutée sur leur pension...


Par ailleurs, les médecins, dentistes, pharmaciens, vétérinaires, infirmiers déjà en grève partielle annoncent une grève illimité à partir du 8 mars pour des hausses de salaire et l'augmentation du budget de la santé.


Le nouveau premier ministre nommé aujourd'hui s'est adressé aux classes populaires et a déclaré que son premier objectif était de faire cesser les grèves, de faire progresser l'emploi et la production, d'augmenter le niveau de vie des égyptiens, reconnaissant ainsi que c'est l'intifada ouvrière qui a provoqué la chute de son prédécesseur.

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L'intifada ouvrière ne fait que commencer !
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Jacques Chastaing

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