Egypte : Non à l’emprisonnement de Karam Saber, défenseur des paysans! (Essf)

Publié le par revolution arabe

 

L’Union syndicale Solidaires appelle à signer la pétition mise en ligne par des militant-e-s lié-e-s à l’association égyptienne dirigée par Karam Saber.

 

https://secure.avaaz.org/fr/petitio...


L’avocat Karam Saber a consacré sa vie à la défense des paysans. Ne se contentant pas de plaider pour eux devant les tribunaux, il les a également aidé à créer leurs propres organisations syndicales par le biais du « Centre de la terre » (Land Center for Human Rights/LCHR), organisation de droits de l’Homme qu’il dirige.


En mai 2013, Karam a appris qu’il avait été condamné quinze jours plus tôt à 5 ans de prison
Il est accusé de « mépris de la religion » pour avoir écrit un recueil de nouvelles sur la vie des paysans. Cette condamnation est contraire à la Constitution égyptienne qui protège la liberté d’expression.
Ce jugement inique a été par ailleurs prononcé sur la base de témoignages fallacieux, dont ceux d’un policier et d’un indicateur de police.


Le procès en appel est prévu le 5 juin.


Nous demandons que la condamnation de Karam Saber soit annulée, et cela d’autant plus qu’elle est contraire aux conventions internationales signées par l’Egypte concernant le droit à la constitution de syndicats indépendants, ainsi que les conventions internationales relatives à la liberté d’expression.


Pour l’Union syndicale Solidaires :
Annick Coupé


Note de l’Union syndicale Solidaires concernant les poursuites contre Karam Saber


Grâce à l’aide du Centre de la terre (Land Center for Human Rights/LCHR), organisation de droits de l’Homme dirigée par l’avocat Karam Saber, des paysans égyptiens ont réussi à créer 32 syndicats indépendants dans les régions de Giza, Fayoum, Béni Souef, Beheira et Kafr El Cheikh entre mars 2011 et mars 2012. Un nouveau syndicat était en cours de création dans le bourg de Béba (région de Béni Souef) à 100 km au sud du Caire en mars 2011.


L’action syndicale est pour les paysans un moyen de s’exprimer, mais Karam a aussi voulu faire entendre leur voix au sens propre. Il a écrit un recueil de nouvelles sur leur vie. Ses personnages sont des paysans qui expriment leurs souffrances et leurs espoirs avec leurs propres mots et à travers leur propre culture. Une culture où la relation avec Dieu est omniprésente. Ils le prient avec passion, l’invoquent, l’interpellent… d’où le titre du recueil « Où est Dieu ? »
Pendant les démarches de création du syndicat, Karam reçoit de Béba un coup de fil de la part d’un « fan » de son recueil, publié en 2010.


Karam Saber a été condamné sur la base du témoignage à charge de ce « fan » qui visiblement, n’en était pas un ainsi que de l’enregistrement (illégal) de sa conversation avec Karam !


Autre témoin à charge : un indicateur de police qui a reconnu pendant l’enquête qu’il ne savait pas lire et écrire et qu’il s’est contenté de ce que lui en aurait dit sa fille !


Les choses sont donc claires : il fallait empêcher Karam de créer des syndicats en l’emprisonnant et en le discréditant auprès des paysans avec lesquels il travaille. Le meilleur moyen était de leur faire croire qu’il attaquait ce qu’ils avaient de plus cher et de plus sacré : leur religion.


Ce qui prouve que le livre de Karam n’est qu’un prétexte pour entraver son travail syndical, ce sont les éléments suivants :


La procédure a été lancée à Béba, le lieu même où un nouveau syndicat indépendant allait voir le jour
Un troisième témoin à charge, un policier, accuse Karam de promouvoir l’athéisme à Béba et dénonce ses activités syndicales (même s’il justifie cette dénonciation par l’accusation mensongère que ces activités syndicales sont un prétexte pour combattre la religion).

 

 

Union syndicale Solidaires
3 juin 2014

* Documents publiés sur www.solidaires.org

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