Guerre en Irak : Mossoul échappe à Al Maliki… et tombe sous la coupe de l’Eiil (Essf)

Publié le par revolution arabe

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Le lundi 10 juin 2014, l’entrée dans Mossoul des forces de l’EIIL et d’autres groupes armés qui lui sont alliés a été, à première vue, un choc pour les Irakiens et le monde. Mossoul est effectivement, avec ses millions d’habitants, la troisième ville d’Irak, et s’y concentrent soixante mille militaires et policiers.


La cause du choc n’est pas due au fait qu’elle serait exempte de problèmes et de crises dont pâtissent les gouver- norats habités majoritairement par des sunnites, ou mixtes, mais réside dans l’insulte faite à des milliers par une minorité qui y est entrée, ainsi que la fuite des dirigeants de l’armée, qui ont abandonné derrière eux des dizaines de milliers de soldats sans instructions et près de 300 000 armes allant des kalachnikovs aux hélicoptères.

Ce qui s’est passé

L’EIIL a profité, avec le « Conseil militaire des révolutionnaires d’Irak », (un des labels sous laquelle se cache une section du parti Baath dirigé par Ezzat Al Duri qui en a pris la direction après l’arrestation de Saddam Hussein et son exécution), de la situation tendue depuis longtemps, surtout depuis près de six mois, lorsque les forces de l’armée et les forces spéciales du Premier ministre ont dispersé les rassemblements commencés un an auparavant.

 

Ces rassemblements de citoyens sunnites avaient lieu tous les vendredis après la prière et portaient sur 14 reven-dications concernant, en général, la fin de la discrimination confessionnelle à leur encontre. Plus précisément, l’exi- gence que les détenus croupissant dans les prisons depuis des années puissent avoir un procès, l’arrêt de la torture et du viol des femmes dans les prisons, des poursuites contre les auteurs de torture et de viol, l’abolition de la loi reposant sur un informateur secret, permettant aux autorités d’arrêter quelqu’un sur simple dénonciation, l’auteur de cette dernière n’étant pas contraint de se confronter à l’accusé. Ceci a conduit à nombre de dénonciations malveil- lantes sans fondements, dont on ne peut se débarrasser que par la corruption, le paiement de sommes importantes, des pots de vin pour que le détenu recouvre sa liberté.


Le gouvernement avait couvert ces rassemblements d’accusations et d’insultes, dont la moindre n’est pas celle d’être des valets de l’étranger, et a encouragé sans succès des mobilisations confessionnalistes contre eux. Il avait laissé pourrir la situation, et pire, avait ouvert la voie en tirant à Fallouja, Alhouija et autres zones, ce qui a conduit de nombreuses personnes à des réactions violentes et au recours à des organisations armées confessionnelles, l’EIIL n’en étant qu’une parmi d’autres.


C’est la première « alliance » de ce type entre ces forces qui se haïssent, car l’EIIL considère le parti Baath comme un parti laïc mécréant dont il n’accepte les anciens membres qu’à condition d’être des repentis. Et le parti Baath considère l’EILL et Al-Qaïda comme des organisations confessionnelles extrémistes tandis que lui-même se consi- dère aconfessionnel.

 

Mais c’est la troisième tentative du Baath de parvenir au pouvoir. Il y a accédé en 1963 par un coup d’État militaire salué par les États-Unis, pour contrer un régime nationaliste qui avait frappé les intérêts américains en Irak et dévelop- pé une ligne populaire de gauche. L’un des leaders de ce coup d’État a admis quelques années plus tard : « Nous sommes arrivés au pouvoir dans un train Américain ». Ce fut aussi le cas en 1968 lorsque les dirigeants des rensei-gnements militaires et généraux ont fait une proposition (entre autres) au parti Baath de saisir un pouvoir affaibli par une poussée révolutionnaire radicalisée. Notamment, la faction majoritaire dissidente du Parti communiste a déclen- ché une lutte armée en essayant de répéter l’expérience cubaine depuis le sud de l’Irak dans les régions de marais. Au même moment se propageaient des grèves ouvrières à Bagdad et dans les grandes villes, ainsi que des événe- ments estudiantins à l’université de Bagdad et dans les lycées, sans parler de l’existence d’un mouvement de libération nationale kurde armé.


Le parti Baath a donc accepté l’offre pour prendre la tête de la contre révolution en dépit de toute sa phraséologie révolutionnaire. Toute l’histoire de ses trente-cinq ans au pouvoir est le meilleur témoin de la nature de ce pouvoir totalitaire qui a déployé tous les moyens de répression des masses à commencer par les tirs sur les manifestants sans défense jusqu’à la torture sauvage y compris par l’utilisation des bains d’acides ou des bombardements au gaz chimique.


Les opérations militaires ont commencé dernièrement à Mossoul le jeudi 4 juin, quand, selon un témoin : « Des forces armées non identifiées par les habitants de la ville ont attaqué, tous se sont donc tenus aux côtés de l’armée, l’armée à Mossoul est une partie importante de la ville. Elle est composée des populations du gouvernorat de Ninive, et le reste des autres gouvernorats d’Irak. Elle a des rapports très imbriqués avec les populations du gouvernorat en dépit de la politique générale qui vise à accentuer la pression. Nous parlons des routes barrées atteignant 50 ou 60% des routes, de décisions étranges comme celles prises par certains chefs de la sécurité à l’instar de M. Algarrawi [proche du Premier ministre Al-Maliki] : la fermeture de parcs de stationnement, l’interdiction d’entrer et de sortir faite aux véhicules de transport et aux voitures de transport de médicaments, avec parfois de nombreuses arrestations arbitraires, sans parler de la menace sécuritaire à laquelle est en butte le citoyen, en raison des dommages collatéraux causés par des voitures piégées contre l’armée ».


Toute cette omerta sur l’identité de l’EIIL s’est accompagnée de la diffusion par les chaînes anti-gouvernementales et les réseaux sociaux du parti Baath d’images, d’émissions, etc., montrant les personnes armées comme le prolon- gement armé des rassemblements de masse qui avaient duré toute l’année 2013, ainsi que de l’utilisation de labels tels que le « Congrès militaire des révolutionnaires d’Irak » et de la mise en garde contre l’influence de la propagande gouvernementale qui défigure la « révolution », l’accusant d’être en faveur de l’EIIL [nous sommes à nouveau en présence du parti Baath qui utilise le mot révolution pour parler des contre révolutions].


Toujours selon ce même témoin « Nous sommes sortis le premier jour de la chute et nous avons vu que ces per- sonnes armées sont Irakiennes et non pas des étrangers (ces derniers semble-t-il ont rejoint de nouveaux terrains de combat) et ils ont protégé les banques, l’université de Mossoul, les commerces et les institutions. Le travail a repris dans les hôpitaux, et les barrages ont été levés, les routes ouvertes. Le second jour, l’électricité a été rétablie en collaboration avec le service de l’électricité et ils ont facilité un retour à la vie courante le plus rapide possible ».

 

Pendant toute cette période, ni ce citoyen, ni l’un des porte-paroles des rassemblements, militant de Mossoul, qui s’est enfui au Kurdistan, n’ont été en mesure de trancher leur identité politique. Le porte-parole, lors d’une interview, a demandé aux médias de patienter, en leur disant que les choses allaient s’éclaircir dans un jour ou deux. Pendant ce temps, les réseaux sociaux du parti Baath ont répandu la « bonne nouvelle » de l’établissement d’un « pouvoir du peuple, pluraliste, démocratique, libre, indépendant, dans lequel il n’y a pas de place pour un pouvoir totalitaire, l’exclu- sion, la discrimination, l’arbitraire, et le monopole » en gardant sur ces mêmes pages la photo de l’ancien dictateur Saddam Hussein ; tout ceci en alliance, au moins objective, avec les égorgeurs de l’EIIL.


Selon un autre témoin : « Alors que les gens attendaient sa venue annoncée [Ezzat al-Duri, le dirigeant de l’une des factions du parti Baath] sur la place des fêtes de Mossoul, à sa place est arrivé un religieux barbu inconnu qui a fait un prêche suscitant les doutes chez les personnes présentes et il n’a même pas cité Ezzat al-Duri ». Il semble que l’EIIL, les nouveaux alliés du Baath, font preuve à leur tour de pragmatisme opportuniste exagéré qui les a fait bénéficier de financement et de facilités provenant de forces et de régimes apparemment contradictoires, mais d’accord sur la désintégration des peuples de la région en confessions et composantes rivales, qui vont de l’Iran à l’Arabie Saoudite et Israël.


Un religieux sunnite, qui fut l’un des premiers à appeler à la résistance à l’occupation états-unienne et mettait sur un pied d’égalité l’occupation et la dictature, avant d’être contraint à vivre hors d’Irak, a dépeint l’EIIL comme une société américano-israélo-iranienne. Il semble qu’il ait oublié le Qatar, la Turquie, la Syrie de Bashar al-Assad. Il s’avère que l’EIIL ait été plus subtil cette fois-ci que le parti Baath car, dès le troisième jour de l’occupation de Mossoul, ils ont découvert leurs véritables visages à travers leurs méthodes traditionnelles opposées aux moindres droits humains.

 

Les informations convergent d’abord sur le fait que quatre femmes se sont suicidées après avoir été violées par ces bandes. Puis le grand imam de la mosquée de Mossoul a été assassiné et son cadavre exhibé après qu’il eut refusé de leur prêter allégeance, puis il y eut la flagellation de jeunes qui assistaient à des retransmissions de la coupe du monde, et l’exode de 200 familles de citoyens de Chabak au Kurdistan, puis l’expulsion de population chrétiennes et la mainmise sur leurs logements, le mariage forcé de jeunes filles de Mossoul avec leurs combattants, et enfin, une main coupée à un jeune et enfin le massacre de 1700 militaires de confession chiite, et le droit de vivre accordé à 2500 autres militaires sunnites qui étaient détenus dans une base militaire de Tikrit tombée à son tour entre leurs mains.

 

Ils ont rendu public dans « le document de la ville » qu’ils ont publié à une large échelle, seize articles qui régle- mentent la vie des citoyens. Un de ses articles dispose qu’il s’agit de la référence en vertu de laquelle seront gérées les ressources de la ville et que celui qui mettra la main sur l’argent public sera puni d’un châtiment dissuasif. Il incite les hommes à la prière collective. Il est interdit de faire le commerce et de consommer les boissons alcoolisées, les drogues et le tabac, etc. Ainsi sont interdits tous les conseils, rassemblements et drapeaux de toutes obédiences, le port d’armes, qui est considéré comme une désintégration du groupe et dont l’auteur sera tué… à la santé des alliés de l’EIIL. Il précise sa position vis-à-vis des pierres tombales, des sanctuaires et des statues qui seront détruites, ainsi que l’aplatissement des tombes. Les femmes sont tenues de rester à la maison et de n’en sortir qu’en cas de besoin. En résumé, tous maintenant craignent pour leur dignité et leur vie, y compris les alliés qui ont promis aux habitants de Mossoul un pouvoir pluraliste, etc.


Les informations font effectivement état de l’existence de 23 organisations armées à côté de l’EIIL à Mossoul, mais il semble clair que même regroupées, elles ne constituent pas des forces en mesure de mettre un terme à ses capri- ces si elles venaient à s’opposer à lui. Tout ceci survient dans une ville vieille de quatre mille ans et qui est connue pour avoir une population aux coutumes différentes et des religions coexistant pacifiquement. À côté des sunnites majoritaires, il y a des Turkmènes, des Arabes chiites. Elle était historiquement un centre important pour les Assyriens chaldéens appartenant en majorité à l’Église chaldéenne et l’Église syriaque orthodoxe, ainsi que pour les Arméniens dont le nombre a augmenté après 1915, sans parler de la communauté juive dont l’existence a duré du septième siè- cle avant J.-C. jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Beaucoup de personnes à Mossoul parlent plusieurs langues locales.

La responsabilité d’Al-Maliki

Cependant, nous ne manquerons pas de souligner ici avec force la responsabilité essentielle de la méthode d’Al Maliki qui a permis d’en arriver là. Après avoir pu éliminer l’influence des milices chiites et empêcher une guerre civile confessionnelle globale imminente entre les années 2005 et 2007, lors de sa première période au pouvoir entre 2006 et 2010, il a participé aux élections loin de l’alliance chiite et sur une liste large comprenant des personnalités sunnites et des personnalités de la société civile non religieuses. Mais lorsqu’il a commencé son second mandat par un processus difficile de négociations qui a duré sept mois, il a par la suite abandonné ses promesses aux autres forces, notamment les forces islamistes sunnites et nationalistes arabes dirigées par son rival Iyad Allaoui.


Du jour où il a vu un danger de constitution d’un grand bloc équivalent à plus de la moitié du parlement prêt à lui retirer sa confiance, il a commencé publiquement à mener une politique de menaces privées par la constitution de dossiers sur tout un chacun, accusant de corruption ses partenaires au pouvoir, ou d’implication dans le terrorisme. Tout ceci s’est accompagné du déclenchement du mouvement révolutionnaire en Syrie, et des directives qui lui ont été données par la direction iranienne,– à laquelle il est lié par un rapport de suivisme étroit –, de changer sa politique vis-à-vis du régime syrien qui était alors le partenaire fondamental du financement, des facilités et de l’entraînement des hommes de l’organisation Al-Qaïda avant leur entrée en Irak et leur utilisation pour des attentats criminels visant les citoyens sans défense de confession chiite particulièrement.


Il est entré en lutte avec la région du Kurdistan qui hébergeait les réfugiés kurdes venant de Syrie et qui promettait de les soutenir. Il a constitué des forces militaires dont le premier souci fut d’encercler la région du Kurdistan avec une charge propagandiste médiatique nationaliste à leur encontre. Puis ce fut le tour de la liste sunnite d’être morcelée par le montage de dossiers, notamment contre le ministre des Finances. On a vu par la suite des rassemblements qui ont dépassé dès le premier jour la question personnelle du ministre et ont élaboré les revendications précitées. Tout ceci fut accompagné de directives à l’armée de pratiquer l’humiliation sur une base confessionnelle dans les régions sunnites, ajoutée au racket quotidien aux points de contrôle de la part de membres d’une armée accusée d’allégeance à une « confession » au lieu de « la patrie ». Al Maliki a expérimenté depuis trois ans la création de crises et de problèmes avant de passer à la crise suivante. Au même moment, il a monopolisé les rouages du pouvoir, affaibli les prérogatives du parlement et manipulé le pouvoir judiciaire à sa guise. Il a voulu aussi affaiblir les structures indépendantes, notamment l’instance indépendante pour les élections et l’instance de la probité.

 

Dès que quelqu’un entreprenait un travail sérieux sur les dossiers de corruption au sein du gouvernement irakien qui est un des gouvernements les plus corrompus, il était poursuivi et accusé à son tour de corruption ou d’autres problèmes.


Il faut savoir que la différence entre l’Irak et les pays qui le concurrencent en matière corruption c’est la quantité et l’énormité des sommes. Le budget de l’Irak est passé de 11 milliards en 2003 à 150 milliards de dollars américains en 2014 (avec la présence de six millions d’Irakiens qui vivent sous le seuil de pauvreté selon le rapport des Nations Unies), un budget qui n’a pas été approuvé jusqu’à maintenant (mi-juin) en raison de problèmes politiques entre les différentes parties.


Monsieur Al Maliki travaille depuis longtemps contre une loi interdisant le troisième mandat au poste de Premier ministre, qui a été votée à une large majorité de ses alliés au pouvoir, lesquels représentent environ 80% des voix au Parlement. Seuls le groupe de base de son rival Allaoui et une organisation kurde, Kouran (Changement) ne participent pas au gouvernement. Il a demandé à la Cour constitutionnelle de l’abolir et cette dernière a acquiescé à sa demande. Il a menacé à nouveau ceux qui refusaient le troisième mandat de dévoiler des dossiers de corruption ou leur implication dans le terrorisme. Ceci a mené à un blocage politique total qui a coïncidé avec les élections, marquées par des doutes importants sur la falsification, la possibilité de double vote pour les éléments des forces armées dont le nombre s’élève à plus d’un millions de soldats et de policiers dont les voix se sont portées majoritairement sur le commandant général des forces armées, qui n’est autre que le Premier ministre, et sur des personnalités de sa liste.


La tendance générale dans la sphère politique, qui attend toujours la proclamation définitive des résultats des élections et leur ratification après la fin des travaux du Parlement le 14 juin, fut de s’en prendre au troisième mandat d’Al Maliki. Mais maintenant, après le premier choc qui a continué environ deux jours ou trois, (lors duquel les com- battants de l’EIIL et leurs alliés baathistes ou autres ont progressé et occupé Tikrit qui se trouve à 180 kilomètres de Bagdad, et sont arrivés à Aldhoulouiya qui est à 90 km de Bagdad), le gouvernement a repris l’initiative et récupéré plusieurs positions. Lorsque le porte-parole officiel de l’EIIL a menacé d’arriver à Bagdad, mais aussi à Najaf et Kerbala, les lieux saints du chiisme, cela a évoqué les tentatives confessionnelles wahhabites parties d’Arabie Saoudite au dix-huitième siècle d’y détruire les sanctuaires religieux. En réaction, la plus haute autorité chiite a édicté une fatwa appelant au jihad pour riposter à cette attaque.


Cette fatwa a rencontré un accueil populaire large dans tous les gouvernorats du sud et à Bagdad. Des sunnites s’y sont joints. Lorsque d’aucuns ont émis des critiques, notamment que cette fatwa pouvait être interprétée comme confessionnelle ou être dirigée contre les sunnites, il a émis aussitôt des directives et des exhortations « […] à tous les citoyens, surtout dans les régions mixtes, de se refréner, de faire preuve de contrôle de soi dans ces circonstances critiques, d’œuvrer à l’harmonie et l’amitié entre des différentes composantes et de bannir tout comportement nationaliste ou confessionnel nuisant à l’unité du tissu national du peuple irakien ».


Actuellement, les mauvaises nouvelles de Mossoul, particulièrement les tragédies vécues par les habitants aux mains de ces bandes, s’accompagnent d’informations faisant état du retour de l’armée dans de nombreuses villes, de l’intensification du siège de Tikrit, de l’assaut des habitants en solidarité avec l’armée à Talafar (à l’ouest de Mossoul), et d’importants préparatifs d’embrigadement d’un nombre impressionnant de volontaires. Al Maliki jouit d’une grande popularité. Au lieu de lui demander des comptes, il y a un regroupement populaire important derrière lui pour affronter ces bandes. Son discours politique et celui de ses disciples s’est inversé et lui a fait suite un discours nationaliste global affirmant qu’il n’y a pas de confessionnalisme en Irak (ce qui est évidemment vrai à un niveau populaire et social, à l’inverse de ce que propagent des organisations politiques qui n’ont d’existence qu’à travers l’existence d’un conflit confessionnel, y compris son parti, bien sur), et insistant sur le fait que les fils du sud devaient défendre la dignité de leurs frères et sœurs à Mossoul menacée par les bandes de l’EIIL. En d’autres termes il y a une mobilisation nationale quasi-totale et non confessionnelle dans les régions du Sud et à Bagdad pour affronter ces bandes.


Abordons la position états-unienne. Obama s’est déclaré consterné par Al Maliki. Ce dernier n’a eu son second mandat en 2010, avant le départ des forces états-uniennes, qu’en vertu d’un accord entre les États-Unis et l’Iran aux dépens de son rival Iyad Allaoui. Obama a exprimé sa consternation face aux crises politiques créées par Al Maliki. Elles ont généré ce blocage qui a facilité l’effondrement militaire d’une armée entraînée par l’armée américaine – environ 400 000 individus au moins –, et Obama a conditionné son aide à une solution politique entre Al Maliki et les partenaires qui refusent le troisième mandat.


Saïd Karim, 15 juin 2014, Traduction de l’arabe, Luiza Toscane.

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32284

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