Hollande-Valls cherchent a criminaliser le soutien aux palestinien-ne-s ! (CCR)

Publié le par revolution arabe

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Derrière l’amalgame entre opposition à l’Etat d’Israël et antisémitisme, une volonté de criminaliser le soutien aux palestinien-ne-s !  

Hollande et Valls crient à l’antisémitisme, organisant l’amalgame entre haine des juifs et indignation contre l’Etat d’Israël et donc entre antisémitisme et antisionisme. Par contre, ils passent sous silence les agissements de la Ligue de Défense juive, organisation d’extrême droite qui attaque physiquement les manifestants pro-palestiniens.


Ce week-end le premier ministre, qui participait à une commémoration des 72 ans de la rafle du Vel d’Hiv’ parlait alors d’un « antisémitisme d’une forme nouvelle » et François Hollande demandait que ne soit toléré aucun acte, aucune parole qui puisse faire ressurgir l’antisémitisme et le racisme ». De la même manière que pendant l’affaire Dieudonné il y a quelques mois, le gouvernement s’efforce de cacher le racisme de l’Etat français sous la bonne conscience à la mode « SOS Racisme ».

 

On ne peut nier que quelques soraliens se soient mêlés aux manifestations de ce week-end, un peu partout en France, de même que des partisans de courants réactionnaires tels que les Frères Musulmans. Ils étaient néanmoins une infime minorité et vouloir donc faire croire que la lutte pro-palestinienne ne peut qu’être antisémite et islamiste, et prétendre que ces milliers de personnes qui se sont rassemblées partagent cette xénophobie nauséabonde n’est qu’une pure diffamation, destinée à faire taire ceux qui oseraient pointer du doigt le scandale du soutien de la France à l’Etat d’Israël.


Les accusations portées contre le NPA pour antisémitisme par un dirigeant du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) ou encore par l’auto-proclamé BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) sont en ce sens une claire instrumentalisation de cet amalgame visant à « punir » la seule organisation politique française qui n’ait pas déserté le terrain suite aux interdictions complices de l’Etat français.

A bas l’agression impérialiste de l’Etat d’Israël !  

Les mass médias et la presse mettent constamment sur un pied d’égalité Tsahal et le Hamas, l’Etat impérialiste d’Israël et le territoire de la bande de Gaza, vaste camp de concentration à ciel ouvert, ainsi la première page laconique de Libération du 15 juillet : « Israel-Hamas, l’escalade » avec en fond une photo de bombardement non explicitée. Ce serait oublier que les Palestiniens et les Gazaouis en particulier subissent une intervention terrestre meurtrière de l’Etat d’Israël qui a fait plus de 600 morts et 100 000 déplacés (contre 28 côté israélien), d’abord par le biais de bombardements aériens « ciblés » sur la population gazaouie qui ont été suivi d’une opération terrestre depuis vendredi 18 juillet.

 

Cette opération « bordure protectrice » est déjà plus meurtrière que l’opération « Pilier de défense » en 2012. Au-delà de l’instrumentalisation du meurtre de trois jeunes Israéliens [2], le projet de Netanyahou est d’affaiblir le Hamas tout en s’appuyant sur M. Abbas dans le but de diviser encore plus les Palestiniens et d’accroitre la domination sans partage de l’Etat d’Israël sur l’ensemble de la Palestine.  


Mais cette mauvaise propagande a ses limites et de réelles manifestations populaires de soutien aux Palestiniens ont eu lieu en France, et partout dans le monde. Comme en 2012 et en 2009 le soutien populaire aux Palestiniens est remarquable. Il est la preuve éclatante que la politique d’Apartheid et l’Etat d’Israël ne laisse pas indifférent. Le caractère populaire de ces manifestations atteste du fait que la lutte des Palestiniens a acquis une valeur de symbole international de lutte contre l’oppression coloniale, qui dépasse de loin la problématique régionale de ce que l’on nomme le « conflit israélo-palestinien ».

 

Le plus visible des processus de colonisation contemporains laisse entrevoir en contrepoint la politique répressive de l’impérialisme français dans ses colonies intérieures que sont les quartiers populaires et à l’égard de ses habitant-e-s stigmatisés. Porter le drapeau palestinien est non seulement un acte internationaliste mais aussi un acte de résistance face à l’impérialisme français, dont le caractère néocolonial s’est exprimé avec éclat sous la plume d’édiles municipaux tels qu’Estrosi à Nice qui a pondu un arrêté municipal pour interdire les drapeaux étrangers lors de la coupe du monde [3] et dans les paroles d’Hollande comme de sa décision d’interdire une partie des manifestations en solidarité avec Gaza.


Ce mois de juillet n’aura pas laissé de répit au gouvernement Hollande, dont la popularité ne cesse de décroitre. La répression et l’interdiction de la manifestation n’ont pas fait l’unanimité dans ses rangs, et les nombreuses manifestations autorisées qui ont eu lieu en province sans heurts apportent la preuve à tous que les provocateurs ne sont pas du côté des manifestant-e-s, mais bien de la police ou de la LDJ. Le succès des manifestations dans ce contexte ne fait que témoigner une fois de plus de la colère sourde qui existe parmi les classes populaires et la jeunesse, contre ce gouvernement et cet Etat racistes, prêts à faire défiler les homophobes de la « Manif pour tous » pendant des mois mais qui se scandalise de voir s’exprimer la solidarité populaire envers nos frères et sœurs palestiniens.

Les organisations politiques et syndicales françaises doivent choisir leur camp !

Depuis le début de l’offensive militaire israélienne, la quasi-totalité des organisations politiques [4] a refusé de prendre part aux manifestations qui ont rassemblé des milliers de personnes à l’appel de tout le spectre des collectifs militants de la cause palestinienne, se contentant d’organiser des rassemblements à part. Sous l’effet de la pression exercée par le gouvernement et par des organismes comme le CRIF et sous prétexte de ne pas se retrouver en position de soutien au Hamas, ces organisations ont ainsi jusque-là déserté le terrain de mobilisations internationalistes rassemblant des dizaines de milliers de personnes, dont énormément de jeunes issus de l’immigration et vivant dans les quartiers populaires souvent très peu présents à d’autres types de manifestation. Par ailleurs, cette mise à l’écart de la vie politique de ces couches, sous les coups d’une ambiance de plus en plus islamophobe, contribue très fortement à les renvoyer à une sorte d’identité politico-religieuse.


Il est en ce sens positif qu’un accord ait été trouvé pour des manifestations communes le 23 et le 26, même si cela n’empêche pas Mélenchon de contribuer aux amalgames et à laisser la porte ouverte à des récupérations en tout genre, en employant par exemple le terme englobant de « sectes ethnicistes » et en espérant un sursaut patriotique pour la manifestation du 23, alors que « la patrie » n’est autre que le masque fantasmé de l’impérialisme français.

 

Ou encore que la CGT se soit empressée de préciser que lors de cette même manifestation son service d’ordre ne protégera que le cortège CGT, ce qui est une façon de prendre ses distances avec le reste des manifestant-e-s.


Les organisations qui représentent le mouvement ouvrier doivent au contraire se mettre en première ligne dans le combat contre la politique impérialiste de l’Etat israélien en Palestine en se battant en tout premier lieu fermement contre ce gouvernement complice et sa tentative de criminaliser le soutien à nos frères et sœurs palestinien-ne-s.

A bas la répression du gouvernement Hollande-Valls !

Soutien aux inculpé-e-s suite aux manifestations !

Vive la lutte du peuple palestinien !

Halte à l’offensive militaire de l’armée israélienne !

[1] Le PCF a par ailleurs montré son empressement à prendre des distances avec les manifestant-e-s en appelant à un rassemblement alternatif une heure avant la manifestation...

[2] Voir notre article : http://www.ccr4.org/Israel-mene-une...

[3] Voir http://www.ccr4.org/Want-to-Free-vi...

[4] Il est particulièrement regrettable que des organisations se réclamant de la révolution comme Lutte Ouvrière n’ait pas elle non-plus appelé aux manifestations.

 

http://www.ccr4.org/Hollande-Valls-cherchent-a-criminaliser-le-soutien-aux-palestinien-ne-s

 

 

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