Israël : des camps d'internement pour Africains... (LO)

Publié le par revolution arabe

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Dimanche 3 juin, en Israël, une directive entrait en vigueur qui autorise les autorités à infliger jusqu'à trois ans d'emprisonnement aux immigrés clandestins.

 

Dans la nuit de ce même jour, à Jérusalem, un incendie criminel ravageait un immeuble abritant des migrants clandestins, illustrant la tension qui monte contre ceux-ci en Israël.


Quelques jours plus tard, le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur et chef du parti religieux Shass, annonçait à son tour qu'il accordait huit jours aux immigrés illégaux du Soudan du Sud pour quitter le pays et que, passé ce délai, il les ferait expulser. Peu auparavant, un tribunal avait débouté des organisations de défense des droits de l'homme qui cherchaient à éviter leur expulsion.


L'État dit qu'il procurera un billet d'avion et 1 000 euros à ces expulsés. Mais ce ne sont pas les seuls visés par les autorités : « Il y a encore environ 15 000 Soudanais et 35 000 immigrés d'Érythrée ; pour le moment je ne suis pas autorisé à les faire sortir », a précisé le ministre. Pour le moment... Mais l'armée annonce déjà qu'elle est en train de construire des camps de rétention pour 20 000 personnes dans le désert.


Ces immigrés, on les voit partout remplir les tâches les plus ingrates, les plus mal payées : dans la construction, sur les chantiers à Tel Aviv, Haïfa ou Jérusalem, sur les routes, dans les champs...

 

Depuis des années que les Palestiniens, surtout de Gaza, n'ont pratiquement plus le droit de venir travailler en Israël, il a bien fallu les remplacer. Alors, on a fait venir des immigrés d'Asie. Mais eux aussi ont été victimes de mesures discriminatoires, visant notamment leur droit à séjourner durablement et à élever leurs enfants dans le pays.

 

Récemment, des immigrés africains ont afflué.

 

Ils ont, dit-on officiellement, franchi illégalement la frontière entre Israël et l'Égypte. En fait, cela arrange si bien l'économie et une partie du patronat israélien que les autorités ont, un temps au moins, fermé les yeux sur ce phénomène, tout en le maintenant dans un cadre illégal. Cela pour faire pression sur les salaires de ces travailleurs et pour donner des gages à l'extrême droite religieuse et sioniste.


C'est cette extrême droite qui multiplie maintenant les attaques racistes contre les immigrés, contrairement à ce qu'a titré Le Monde en parlant d'une « immigration à l'origine d'incidents racistes », alors qu'elle en est victime ! C'est cette même extrême droite qui s'exprime par la bouche du ministre de l'Intérieur quand, mettant les points sur les « i », il affirme mener « une guerre pour la préservation du rêve sioniste et juif sur la terre d'Israël ».


Ce « rêve », qui était déjà un cauchemar pour les Palestiniens des territoires occupés, risque de le devenir pour les migrants africains. Mais il rend aussi la vie infernale aux Israéliens d'origine juive, confrontés qu'ils sont à l'emprise croissante de l'extrême droite religieuse, nationaliste, voire raciste, sur toute la société. Une société où l'on n'en finit pas de dresser des murs de plusieurs mètres de haut sur tout le pourtour du pays pour séparer les populations, des murs derrière lesquels, en fin de compte, la population israélienne se trouve enfermée par la politique même de ses propres dirigeants.


Ce que Marx disait il y a un siècle et demi n'a malheureusement pas pris une ride : « Un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre. »


Pierre LAFFITTE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2289&id=37

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