Israël-Palestine : un rapport qui brise des tabous (JDD)

Publié le par revolution arabe

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EXCLUSIF - Dans un document rendu public jeudi, un chercheur du European Council of Foreign Relations (ECFR) recommande aux dirigeants de l’Union européenne de changer radicalement de position sur ses relations avec Israël et la Palestine avant que la "solution pour deux Etats" ne soit définitivement enterrée.


Le Britannique Nick Witney a longtemps travaillé pour la diplomatie et le ministère britannique de la Défense. En poste en Jordanie, au Liban et en Irak, cet arabisant tire la sonnette d’alarme dans un rapport de 65 pages, publié jeudi, qui place l’Union européenne au pied du mur. Selon lui, il ne reste que peu de mois avant que la Cisjordanie ne soit quasiment annexée par Israël. Si les Européens sont toujours en faveur d’une "solution pour deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité" comme le veut la formule, alors il faut se montrer bien plus ferme. Vis-à-vis d’Israël comme de l’Autorité palestinienne.

Rallier l'opinion israélienne

Le chercheur du European Council of Foreign Relations (ECFR), un puissant think tank sur la politique étrangère européenne, estime qu’avec 500.000 colons installés aujourd’hui à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, l’économie palestinienne n’est plus en mesure d’assurer son propre développement agricole et manufacturier. Seule mesure contraignante permettant de redonner de l’oxygène et une forme de viabilité économique à la Cisjordanie? Punir Israël. Comment? En imposant un régime de taxation sur tous les biens et services en provenance des colonies israéliennes situées en territoire occupé. Mais aussi en soumettant au régime des visas tous les colons israéliens se rendant eu Europe ou en boycottant toute coopération scientifique et technique avec l’Université israélienne située dans la grosse colonie d’Ariel au nord de Ramallah.


Selon Nick Witney, cette menace des Européens aurait pour objectif politique de rallier une grande partie de l’opinion israélienne qui a peur de "perdre l’Europe", notamment le bloc électoral qui a favorisé la percée de la formation laïque de Yesh Atid dirigé par le centriste Yaïr Lapid, aujourd’hui ministre dans le cabinet Netanyahou. D’après Witney, Lapid n’a jamais mis au premier plan la question palestinienne ni celle des colonies mais son positionnement sociétal proche des valeurs européennes pourrait l’amener à regarder toute offensive de l’UE sur la question palestinienne avec sympathie.

Mettre fin à la perfusion financière de l'Europe

Le rapport insiste également sur la nécessité absolue de ne plus laisser l’Autorité palestinienne sous perfusion financière de l’Europe. Ce régime d’assistanat qui injecte un milliard de dollars par an dans les coffres palestiniens pour permettre à Mahmoud Abbas de payer son gouvernement n’est pas sain. Il vaudrait mieux mettre en place une coopération entre entreprises privées des deux côtés de la Méditerranée afin de passer de la logique de l’édification d’un Etat à celle de la construction d’une économie digne de ce nom et obliger ainsi les Palestiniens à cesser de prendre le prétexte de l’occupation israélienne pour ne plus agir sur le plan économique.


Ce texte reprend en fait certains des points avancés il y a quelques mois par les consuls généraux des pays de l’UE auprès de l’Autorité palestinienne et soumis à la réflexion des Etats membres. Sauf qu’il accentue clairement les recommandations. Et à tous ceux qui pourraient dire qu’elles minent le travail diplomatique des Etats Unis, le rapport de l’ECFR répond qu’au contraire, toute initiative européenne ferme vis-à-vis d’Israël permettra à John Kerry d’élargir sa marge de manœuvre dans son face à face avec les deux parties. Le patron du Département d’Etat était mercredi à Rome pour y rencontrer Tzipi Livni, la ministre centriste de la Justice chargée de la négociation avec les Palestiniens. John Kerry en a profité pour annoncer qu’il retournera en Israël au cours de la troisième semaine de mai. A en croire Nick Witney, il serait donc sans doute sage et utile que les Européens viennent l’aider, quitte à jouer le rôle des "méchants".


François Clemenceau - Le Journal du Dimanche jeudi 09 mai 2013


Commentaire:  Think Tank du genre ultra libéral, non? En attendant, pour la justice française, "imposer un régime de taxation sur tous les biens et services en provenance des colonies israéliennes situées en territoire occupé", c'est de l'antisémitisme!

 

 

http://www.lejdd.fr/International/Proche-Orient/Actualite/Exclusif-Israel-Palestine-un-rapport-qui-brise-des-tabous-606366


 


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