La contestation se déplace sur le terrain social (JC)

Publié le par revolution arabe

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Des milliers de travailleurs de la Société Idéal ont protesté contre le Conseil d’État lundi 18 mars demandant l'annulation de la décision de privatisation de l'entreprise.


Idéal était une société d'État jusqu'à sa privatisation en 1997. Les nouveaux propriétaires de l'entreprise ont donné aux travailleurs le choix de continuer à travailler pour eux ou de quitter l'entreprise avec une indemnité de deux mois de salaire pour chaque année travaillée.


Mais les travailleurs privatisés ont un salaire mensuel de 900 LE, pouvant être licenciés à tout moment, alors que les employés de la société d'État recevaient 1200 LE sans pouvoir être licenciés. 

 

Mais surtout dimanche 17 mars, la violence dans différents gouvernorats a été causée par les conditions que le FMI a mis à l’Égypte pour lui donner son aide.

 

Le gouvernement a accentué ses restrictions du gaz-oil subventionné, ce qui a eu comme conséquence la hausse de son prix au marché noir et rendu la vie des gens de plus en plus difficile. Il y a eu plusieurs dizaines de blessés et 1 tué dans des affrontements à Beni Suef, Qalyubiya et Assiut. Plusieurs automobilistes ont coupé la route entre Beni Suef et Gharbiya. A Qalyubiya, les affrontements ont eu lieu les armes à la main. Le train et les véhicules ont été complètement bloqués à Mahalla al-Kobra pour la deuxième journée consécutive. A Kafr el Sheikh, les manifestants ont bloqué la mairie avec des chaines. Les paysans à Beheira se disant incapables de payer le gaz oil ont attaqué une station pour se servir. Pareil à Daqahliya. La route a été coupée à Hurghada. Des bagarres ont également eu lieu entre automobilistes provoquant la mort de l'un d'entre eux à Giza.


Parmi les mesures récemment évoquées pour satisfaire le FMI, il y a le fait de relever de 9 000 à 12 000 L.E. le plafond de l’exonération d’impôts sur le revenu, l’augmentation des tarifs douaniers sur les produits de luxe ainsi que les taxes sur les alcools, les cigarettes, l’acier et le ciment qui avaient provoqué un soulèvement en décembre et d'autres mesures encore. Outre ces mesures, le gouvernement entend augmenter les prix du carburant, de l’essence et du gasoil, ce qui entraînerait une hausse des prix de 50 % d'après les experts. Ce qui serait une catastrophe. Déjà 20 % des Égyptiens vivent avec à peine plus d’un dollar par jour.


Mais surtout ce qui inquiète toute l'Egypte ce sont les restrictions ou la hausse annoncée du prix du pain, par l'abandon d'une partie des subventions d'Etat.

 

Or le pain subventionné est la base de l'alimentation égyptienne. Ce qui rendra la situation hautement explosive dans toute l’Égypte. Tout le monde ayant le souvenir des émeutes du pain en 1977 et 2008. Une première expérimentation devrait avoir lieu dans deux mois à Port Saïd.

Déjà des centaines de boulangers subventionnés ont saccagé pour la deuxième fois ce mardi 19 mars le ministère de l'alimentation pour protester contre les restrictions de gaz oil qui font monter les prix en criant " A bas Morsi, à bas Bassem Ouda" ( le ministre).

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Jacques C.

Publié dans Egypte

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