Le Maroc, membre observateur du CGC, ne condamne pas Bachar al-Assad

Publié le par revolution arabe

Les régimes arabes sortent de leur torpeur : Bachar al-Assad condamné par ses pairs
Par : Djamel Bouatta, Liberté, 9/8/2011
Sous la pression d’Obama, le CCG, la Ligue arabe et Ryad condamnent Damas… Une avalanche de condamnations bienvenue pour les Syriens dont 2 000 ont laissé leur vie depuis cinq mois de manifestations pacifique.
Avec frilosité et certainement sous la pression des État-Unis, des régimes arabes ont enfin daigné s’exprimer sur la répression qui s’abat sur la population syrienne avec une violence inouïe depuis plus de 5 mois. La première réaction arabe a émané vendredi des membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), organisation régionale regroupant six pétromonarchies arabes et sunnites (Arabie Saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et Qatar).
On aura remarqué l’absence du Maroc pourtant récemment introduit dans le club comme observateur.
Dans un communiqué diffusé très largement à travers la presse internationale, le CCG a exhorté le régime syrien à mettre “fin immédiatement à la violence (...) et à l’effusion de sang”. Tout en se disant inquiets face à “la recrudescence de la violence et l’usage excessif de la force qui a provoqué de nombreux morts ainsi qu’un grand nombre de blessés”, le syndicat des rois arabes a également appelé Damas à “la raison et à l’introduction de sérieuses et nécessaires réformes protégeant les droits et la dignité du peuple et répondant à son aspiration”.
Peu importe si chez eux, le mot réforme est considérée comme une hérésie ! Bien qu’elle soit la bienvenue, la réaction du CCG est néanmoins caractérisée par une certaine frilosité. Ses membres ne condamnent pas clairement, par exemple, les assassinats de civils comme cela a été fait par de nombreux pays occidentaux. Mais même tardive et diplomatiquement trop correcte, la réaction du CCG aura tout de même eu le mérite de briser le silence honteux et scandaleux entretenu par les pays arabes autour de la situation en Syrie.
Quarante-huit heures plus tard, la Ligue arabe a appelé à mettre fin immédiatement aux violences de tous genres en Syrie.
Le tout frais chef du syndicat des 22 régimes arabes, l’égyptien Nabil Elaraby a appelé les autorités syriennes à mettre fin “immédiatement” à tous les actes de violence et à toutes les opérations de sécurité, en exprimant des préoccupations croissantes sur la situation de sécurité détériorée à cause de l'escalade des violences et des opérations militaires. Il y a encore une opportunité pour mettre en œuvre des réformes en vue de répondre aux aspirations et demandes légitimes du peuple syrien en matière de liberté et de changement, a souligné Elaraby.
Là aussi, ne faut-il pas rappeler la mise en hibernation de la Ligue depuis le déclenchement du printemps arabe ? Et puis si les peuples arabes en sont arrivés à leurs réactions extrêmes, n’est-ce pas parce la Ligue n’avait jamais mis sur son bureau la question de la démocratisation des pays arabes ?
Et faut-il encore faire confiance à une Ligue moribonde qui s’est déjugée pour ses propres réformes pourtant de façade ? Comme pour ne pas démentir cette impression que la pluie de critiques contre Damas a été concoctée ailleurs, voilà que le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a rappelé son ambassadeur en Syrie pour consultations, et a demandé, dans un ton inhabituellement sévère à son égard, au régime syrien d'arrêter la machine de mort et l'effusion de sang, et de faire valoir la raison avant qu'il ne soit trop tard.
Le royaume saoudien ne peut aucunement accepter ce qui se passe en Syrie. L'événement ne se prête à aucune justification, a expliqué le souverain, dimanche, estimant que le pouvoir syrien peut mettre en œuvre des réformes globales et rapides pour sortir le pays de la vague de violence qui le secoue.
Le roi qui a volé au secours de sa “province bahreïnie” pour stopper le printemps arabe sur le point de bouter la famille princière régnante, est devenu réformateur !
Décidément, les révoltes arabes ne sont pas qu’imprévisibles, elles poussent les wahhabites en grande partie responsables de l’arriération de sociétés arabes et de leur immersion dans le salafisme, voire dans l’islam radical, à prôner des réformes et des ouvertures démocratiques ! C’est toujours ça de gagné, quant le roi d’Arabie Saoudite et ses coreligionnaires du CCG exigent d’appliquer des réformes. Ne faisons pas la fine bouche.

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=160650

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