Le soir ou dix flics se sont attaqués à moi ! (Blog: Tunisian Girl)

Publié le par revolution arabe

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Hier le 5 août 2012, je suis allée à l'Avenue Habib Bourguiba pour participer au rassemblement pacifiste dénonçant les défaillances du gouvernement en place.

L’événement a été  prévu depuis quelques jours par des acteurs de la société civile ainsi que par des cyber-activistes et des citoyens indépendants.

Une fois sur place, je suis allée voir une bande d'amis rassemblés au café 'L'Univers' notamment : Rym El Benna, Abdessalem Hamdi, Slim Amamou et beaucoup d'autres. La scène était hallucinante. Des policiers occupaient certaines des tables voisines , d'autres en tenue de " Combat" étaient sur le  terre- plein central de l'Avenue. Nous avons appris que les flics ont chassé des gens qui occupaient les escaliers du Théatre Municipal .
Vers 21h 30 nous avons décidé de nous déplacer et commencer notre rassemblement sur le terre-plein central au niveau du théâtre municipal de Tunis.  Au début les policiers ont essayé de nous disperser en nous annonçant que l'état d'urgence ne permet pas le rassemblement de plus de 3 personnes dans les lieux publics. C'est là que nous avons décidé d'avancer dans la direction du Ministère de l'Intérieur en scandant le slogan: "Oh Peuple réveille toi , le Nahdhaoui est entrain de te voler " et c'est là que les flics se sont attaqués à nous: des motards ont foncé avec leurs grands engins au milieu de la foule  pour nous disperser et la scène ressemblait beaucoup à l'attaque du chameau de la place Tahrir en Égypte.  Rym El Benna était à mes cotés quand nous avons toutes les deux reçu des coups sur la tête. Des amis nous ont éloignées de l 'endroit. 

Après un bon bout de temps nous sommes retournés avec quelques amis au café l'Univers à l'Avenue Habib Bourguiba et c'est là qu'un groupe de juens ont commencé à chanter " chayed Kousourek " de Chikh Imam. Nos policiers enragés qui haïssent l'art, la beauté , la musique, la jeunesse ont utilisé chaises, tables et verres pour nous chasser du café. 

Je me suis éloignée un peu de l'artère principale de la capitale pour me reposer un peu et pour boire de l'eau et me rafraîchir avant de retourner dans une petite rue perpendiculaire à l'Avenue pour observer ce qui  se passait de loin. Je n 'avais la force ni pour affronter les policiers ni pour prendre de photos. Les coups que j'ai reçu sur la tête étaient si forts et je n 'arrivais pas à me concentrer sur quoi que ce soit ... Soudain un barbouze que je connais très bien m'a saisie par le bras et m 'a éloignée du groupe d'amis avec qui j'étais et c'est là que j 'ai commencé à hurler et à crier il a été rejoint par deux puis par trois autres flics et puis le nombre a augmenté.
Ils s’acharnaient tous pour me prendre mon sac à dos mais j'ai fais de la résistance et jusqu'à ce moment là je n'arrive pas à comprendre ou est ce que j 'ai puisé la force et la patience que j'ai eu. En effet, l 'un d'eux me tenait par le cou, deux autres essayaient de m’arracher le sac , et les autres se faisaient du plaisir à me tabasser et à me déchirer les vêtements... J'ai reçu des coups un peu partout ... Un jeune homme est venu me libérer de leur enfer : laissez là pour moi .. et m'a poussé violemment en me demandant de m'enfuir, de courir ...

Dans ma première interview (pour Shems FM) j'ai parlé de 3 flics, j'étais encore sous le choc mais avec le recul je me suis rappelée des visages ( j'en connais certains)  et des amis m'ont confirmé qu'il s'agissait d'une dizaine de barbouzes. 

Une fois loin j'ai constaté que ces voleurs ont ouvert mon sac et ont pris ma caméra. C'est à ce moment là que j'ai décidé de retourner sur l'Avenue et la récupérer. Des affrontements entre les jeunes et les policiers s'y déroulaient. Ces derniers ressemblaient à des chiens enragés qui s’attaquaient  aveuglement aux gens: gifles coups de pieds, coups de matraque ... tout était bon pour terroriser les gens ... ils criaient , insultaient hommes et femmes ...C'était le chaos total... Les gens et les policiers couraient dans tous les sens. La  scène était digne de décembre 2010.

Plus tard des amis ont réussi à récupérer ma caméra sans la carte mémoire et on m'a amenée aux urgences.

Publié dans Tunisie

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