Les jeunes musulmans anti-capitalistes s’organisent en Turquie

Publié le par revolution arabe

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Publié le lundi 30 avril 2012 22:20
 
Écrit par Réseau d’informations libres de la Mésopotamie

Ils sont contre le pouvoir islamiste en place, dénoncent l’injustice et le capitalisme vert et fêtent le 1e mai aux cotés des travailleurs.  Leur principal slogan vient de Sourate Al-Balad du Coran : « Liberté pour les esclaves ».

Alors que le gouvernement AKP, parti islamo-conservateur et ultralibéral en matière économique, poursuit sa campagne de répression sans précédente contre toute forme d’opposition, les jeunes musulmans anticapitalistes cherchent aussi à construire un front contre le “capitalisme vert”, prônant l’Islam sociale. 

Ces jeunes sont pour le droit à l’auto-détermination du peuple kurde, contrairement aux islamistes en pouvoir qui  mènent  une politique islamique à caractère turque, version vert du Kemalisme négationniste, donc s’agissant d’une manipulation politique de l’Oumma qui désigne la communauté des musulmans au-delà de leur nationalité. 

Pour eux, la gauche a raison lorsqu’elle dit « où étaient les musulmans quand la gauche luttait » contre l’oppression. « Nous avons fait de l’autocritique » disent-ils, affirmant que des slogans tels que « le travail, la justice, la liberté, l’égalité et la paix » n’appartient pas à la gauche mais il s’agit des slogans criés tout au long de l’histoire de l’humanité.  « Ces slogans sont les principales devises du Coran », selon Mohammed Cihad Ebrari. 
 
Ils crient « la liberté pour les esclaves » en quatre langues : turc, kurde, arménien et arabe, se référant à un verset de la Sourate Al-Balad du Coran qui exige : « affranchir un esclave », soit lui rendre sa liberté. 

« Nous participons pour la première fois  au 1e mai en tant que groupe des jeunes musulmans anti-capitalistes » dit Mohammed Cihad Ebrari, tout en admettant que c’est une décision tardive pour les musulmans. 

« Depuis 80 ans, le lien entre le Coran et les gens qui se disent musulmans en Turquie a été sérieusement affaibli. L’une des raisons est sociale. La deuxième est la mentalité kémaliste qui voit la religion comme un ennemi » ajoute Kadir Bak, un autre membre du groupe. 

La jeune femme Zeynep Duygu affirme de son coté : « Nous allons construire un pont  pour la paix (…) s’il y a une lutte entre les opprimés et les oppresseurs, nous serons aux cotés des opprimés » 

L’économie verte a pris les reines de l’État après l’arrivée au pouvoir de l’AKP du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. L’enrichissement des islamistes proches du gouvernement a été rapide et spectaculaire, alors que des millions de personnes continuent de vivre sous le seuil de pauvreté. 

Dans un pays où les syndicalistes, les étudiants, les journalistes, les kurdes, les minorités religieuses et tous les autres opposants sont dans la ligne de mire du gouvernement, les jeunes musulmans anticapitalistes risquent aussi d’être la cible de la répression. 

 

http://www.actukurde.fr/actualites/turquie/692-les-jeunes-musulmans-anti-capitalistes-s%E2%80%99organisent-en-turquie.html

 

 

 

Le 1er mai à Istanbul: Marx et Allah

A Istanbul: 1er mai entre le Capital et le Coran

Les célébrations du 1er mai, la fête du Travail, sont désormais légales en Turquie. Depuis trois ans, la place Taksim d'Istanbul, qui avait été  le lieu d'un véritable massacre en 1977 (37 morts), accueille les cortèges des syndicats et partis politiques de la gauche turque. 20.000 policiers étaient mobilisés à Istanbul et aucun incident sérieux n'a été signalé. Hormis le saccage d'un fast food caféiné à Sisli.

 

Cette année, une petite originalité dans ces défilés: la présence d'un groupe de "jeunes musulmans anticapitalistes ", se réclamant à la fois de Marx et d'Allah. Après une prière à la grande mosquée de Fatih, ce groupe de 200 jeunes militants qui s'est constitué cette année, a défilé jusqu'à Taksim, avec une banderole écrite en turc, en kurde, en arménien et en arabe. "Le capital n'appartient qu'à Allah". "Nous ne sommes pas des musulmans socialistes, nous défendons le vrai Islam, qui défend aussi la justice sociale", explique Ihsan Eliacik.

 

Cette initiative, qui diffère nettement de celle de syndicats conservateurs et pro AKP tels que Memur-Sen, rassemblés à Ankara, a été abondamment commentée par les chroniqueurs: Oral Calislar  ou Koray Caliskan par exemple dans Radikal.

 

Les spéculations vont bon train pour tenter de comprendre d'où vient l'initiative d'un tel mouvement, qui s'est prononcé en faveur d'une politique ouverte en direction des Kurdes et pour la reconnaissance des crimes de 1915 contre les Arméniens (quelques-uns étaient présents le 24 avril pour commémorer le génocide). Est-il lié à la confrérie de Fethullah Gülen? A l'AKP? Pour beaucoup de démocrates et d'anciens militants de gauche ce groupe incarne surtout le renouveau d'une mouvance conservatrice, plus libérale (au sens politique) que la génération précédente. La révolution et la démocratie sortiront-elles de la mosquée?

 

http://istanbul.blog.lemonde.fr/

 

Pour aller plus loin: 

 

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http://blogs.mediapart.fr/blog/patrick-daquin/190210/les-musulmans-la-gauche-et-les-feministes-auto-proclames

 

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