Maroc : comment le pouvoir traite les migrants (lo)

Publié le par revolution arabe

subsahariens

Vendredi 28 février au petit matin, plus de 200 migrants subsahariens ont réussi à franchir la frontière qui sépare le Maroc de la ville espagnole de Melilla et ainsi à rejoindre le centre d'accueil pour immigrés de la ville.

 

Le 24 février, cinq cents autres avaient tenté de forcer le même passage et beaucoup avaient été blessés par les barbelés des trois hautes clôtures qui encerclent Melilla, que peu avaient réussi à traverser. Début février, ils avaient été 200 à tenter leur chance, terminant pour certains à la nage pour accéder à Ceuta, l'autre enclave espagnole sur le territoire marocain, et treize avaient perdu la vie.

 

Ces hommes, femmes ou enfants fuient leur pays à cause de la pauvreté, de la dictature ou des conflits. Mais, bien avant d'atteindre l'Europe, il y a ce qu'ils vivent dans le dernier pays qui les en sépare, le Maroc.


Human Right Watch vient de publier un rapport, issu de témoignages de migrants subsahariens vivant dans des camps non officiels autour des villes marocaines d'Oujda et Nador.

 

Ils racontent les descentes de police fréquentes pour détruire leurs abris et leurs biens personnels, et arrêter certains d'entre eux au hasard. Ils racontent que la Sécurité marocaine expulse certains hommes à la frontière algéro-marocaine, de force, sans vérifier s'ils sont en règle ou non. Ils racontent les brutalités de la police espagnole et de la police marocaine, y compris à l'égard des enfants.


La plupart des migrants, pour entrer au Maroc, passent par la Mauritanie ou l'Algérie, cherchant à atteindre l'Europe par les seules voies terrestres possibles que sont les deux villes espagnoles de Ceuta et Melilla, enclavées sur le territoire marocain. Il y aurait autour de 30 000 migrants en situation irrégulières au Maroc, pour une population totale de 32 millions d'habitants.


Le roi Mohamed VI a annoncé une campagne de régularisation, en 2014. Il faudra justifier d'une présence de plusieurs années en continu sur le territoire marocain. Tous les postulants ne seront pas régularisés, loin de là, comme l'explique une représentante de l'Unesco. Selon elle, 80 % des personnes qui seront régularisées ont, de fait, déjà droit à une carte de résident selon le droit international et il s'agira seulement de corriger une injustice. Certaines organisations de protection des droits des étrangers et migrants redoutent déjà la création de centres de rétention au Maroc.


En effet, ce pays s'est engagé en 2013, dans le cadre d'un accord avec l'Europe, à limiter les départs de migrants subsahariens vers les côtes européennes. La mise en place d'une barrière de barbelés entre l'Algérie et le Maroc, le long des 450 km allant de la ville côtière de Saida au nord à celle de Figuig au sud, serait en discussion.


L'arrivée d'hommes et de femmes qui fuient des situations intenables pour avoir une vie meilleure ne cessera pas, tant que dureront les causes de leur fuite. Alors, la moindre des choses serait que l'Europe impérialiste, responsable de la situation économique et politique des pays d'Afrique dont sont originaires ces migrants, les accueille dignement.

Malika FARÈS

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2379&id=46

Publié dans Maroc

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