Position de la gauche révolutionnaire syrienne concernant le dialogue avec le régime dictatorial

Publié le par revolution arabe

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Face au blocage de la situation sur le terrain, Moaz al-Khatib, dirigeant de l’opposition syrienne, a appelé à des négociations directes et conditionnées avec le régime. Cette position suscite bien entendu un très vif débat parmi les différentes forces sociales et politiques qui s’opposent au régime sanguinaire d’Al-Assad, y compris celles se revendiquant de la gauche marxiste.

Courant de la gauche révolutionnaire en Syrie


Au début de cette année, nous avons été témoins de deux événements importants concernant les activités de l’opposition syrienne. Premièrement, la réunion à Genève du Comité national de coordination pour le changement démocratique qui s’est conclu par la volonté de créer un cadre sous certaines conditions pour dialoguer avec le régime de la junte au pouvoir. Le second événement a été l’initiative du Cheik Moaz al-Khatib, tête de la Coalition nationale, qui a aussi suggéré un dialogue sous conditions avec le régime.


Aucune personne sensée ne peut refuser avec légèreté quoi que ce soit qui puisse adoucir les souffrances de notre peuple et leurs grands sacrifices.

 

Mais cela ne signifie pas que nous devons accepter et soutenir toute initiative qui revendique le vouloir. Le jugement sur de telles initiatives doit, de notre point de vue, répondre aux conditions suivantes : fournir aux masses la possibilité de rétablir leur lutte pour renverser le régime dictatorial, ne pas offrir à ce dernier de prolonger son temps de survie et en particulier donner la possibilité d’un espace pour des changements radicaux venus d’en bas en faveur des classes populaires et de servir leurs intérêts directs et généraux.


Les initiatives du Comité national de coordination pour le changement démocratique et du Cheik Moaz convergent toutes deux vers un appel au « changement par en haut » avec la différence que l’initiative du Cheik al-Khatib, quel que soit son destin ultime, montre clairement la volonté de la bourgeoisie traditionnelle et en particulier à Damas de trouver une solution qui maintienne ses intérêts de classe qui ont été préservés par le régime actuel pendant des décennies mais qui commencent à être menacés par la révolution populaire.

 

Cette classe bourgeoise veut des changements partiels et par le haut du régime dictatorial restreints à des questions politiques et pas sociales. C’est essentiellement ce que demandent aussi les alliés du régime et les pays qui se disent les amis du peuple syrien. Ni l’un ni l’autre ne veulent ni ne souhaitent la victoire de la révolution syrienne.


Dans ce contexte, nous exprimons notre refus de ces initiatives qui ne rencontrent pas les conditions politiques et sociales de la base de la révolution populaire et ne contribuent pas à renforcer le mouvement populaire vers la voie de la victoire.


Tout le pouvoir et la richesse au peuple !

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Damas, 10 février 2013

Source : http://www.antiimperialista.org/node/89050
Traduction française pour Avanti4.be : Martin Laurent

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http://www.avanti4.be/debats-theorie/article/syrie-debats-a

Publié dans Syrie

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