Région arabe : Hollande dans les pas de Sarkozy

Publié le par revolution arabe

tunisien

*

Au-delà des fantasmes sur « le pays des droits de l’homme », la politique de Hollande et Fabius vis-à-vis du Maghreb et du Moyen-Orient est d’une continuité impérialiste absolue par rapport à celle de leurs prédécesseurs Sarkozy et Juppé.


Depuis l’installation du gouvernement des socialistes et écologistes en juin 2012, le président français s’est rendu en Algérie (décembre 2012), au Maroc (avril 2013) et en Tunisie (juillet 2013). À chaque fois, ces visites ont signifié des pressions pour des pouvoirs plus néolibéraux, une défense vigoureuse des intérêts des multinationales françaises, un renforcement policier contre l’immigration… et un désintérêt pour les droits humains.


Dans le contexte de la crise que vit l’Europe et du processus révolutionnaire arabe ouvert en 2011, l’impérialisme français cherche à « tenir son rang » comme le disait François Hollande dans sa dernière conférence de presse. Pour cela, il poursuit la politique d’alliance stratégique boostée par Sarkozy avec les royaumes ultraréactionnaires du Golfe : Arabie saoudite, Qatar, Émirat arabes unis. Cette alliance a l’avantage de financer l’économie française. Elle est également censée consolider les nouveaux pouvoirs post (et de fait contre)-révolutionnaires dans le monde arabe, au-delà des luttes d’influence auxquelles se livrent les royaumes du Golfe pour dominer les courants politico-religieux intégristes. Elle l’a enfin poussé à s’engager fortement contre le régime syrien de Bachar el-Assad, et contre l’Iran des Mollahs, au nom d’une défense des droits humains pourtant si sélective !


De l’interventionnisme à l’aventurisme
Sarkozy avait cherché à faire oublier ses compromissions avec les dictatures en prenant le rôle de défenseur en chef de la révolution libyenne. Depuis, ce rôle a été terni par les révélations sur l’aide apportée à la répression des opposants à Khaddafi, en échange de financements pour la droite française. De plus, dans les convulsions de la nouvelle situation libyenne, tant les démocrates que les entreprises françaises n’y retrouvent pas leurs petits !


Hollande tente à son tour d’apparaître à son avantage en Syrie et au Liban. Mais son interventionnisme militaire après les bombardements chimiques « de trop » menés fin août 2013 par les forces de Bachar el-Assad l’a isolé, et apparaît peu à peu pour ce qu’il est : un moyen aventuriste de protéger Israël et le Liban confessionnels, de forcer les révolutionnaires syriens à un compromis avec un régime qui serait relooké… et de repositionner au passage les entreprises françaises, comme Veolia qui devrait obtenir le marché de la neutralisation des armements chimiques.


En revanche, permettre que les démocrates syriens puissent se défendre, ou aider les réfugiés qui meurent de faim dans les camps ou en fuyant en Méditerranée, ne sont pas des priorités. C’est pourquoi il est incontournable que les révolutionnaires de la région arabe, pour atteindre leurs objectifs de liberté, de justice sociale et de dignité, s’appuient sur les « mouvements d’en bas » dans le monde, malgré toutes leurs difficultés, et vice-versa !

Jacques Babel

 

http://npa2009.org/content/afrique-et-moyen-orient-le-jeu-de-la-france

Publié dans Colonialisme

Commenter cet article