Tunisie, en finir avec le pouvoir des assassins (lcr.be)

Publié le par revolution arabe

 

La Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) a appris avec consternation l'assassinat de Mohamed Brahmi, leader du Courant Populaire, dirigeant du Front Populaire, et élu à l'Assemblée Nationale Constituante de Tunisie.


Il a été abattu par balles sous les yeux de sa femme et de ses enfants alors qu'il rentrait chez lui, rappelant ainsi le lâche assassinat, moins de six mois auparavant, de Chokri Belaïd, figure emblématique de la révolution et de la gauche révolutionnaire.


Ce crime barbare est l’aboutissement de la recrudescence des actes d'agression et de campagnes haineuses contre les forces progressistes et le mouvement revendicatif, n'épargnant ni les femmes, ni les jeunes, ni les activités artistiques et culturelles. Des agressions qui sont le résultat d’un discours venimeux tenu par des responsables du parti Ennahda et dans les hautes sphères du pouvoir, et traduit en actes par les milices salafistes qui échappent à tout contrôle. Ennahda est directement impliquée dans le développement de violences conduisant aux assassinats politiques.


N’ayant rien à proposer pour résoudre les problèmes économiques et sociaux, hantée par ce qui s’est passé en Égypte et redoutant la révolte d’une population n’attendant plus rien du pouvoir islamiste, Ennahda n’a pas cessé de cultiver un discours qui criminalise la protestation sociale et qui tire sur tout ce qui bouge.  Des jeunes ont été arrêtés pour une chanson de rap. Amina, militante Femen a été arrêtée alors qu'elle n'avait absolument rien fait, des non-jeûneurs -pendant ce ramadan - sont traqués...


Comment s'étonner de la recrudescence de ces actes barbares quand un certain Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d'Ennahda et membre de son bureau exécutif appelle à faire couler le sang de quiconque tente de toucher à la légitimité du pouvoir tunisien ? Comment ne pas s'attendre à de tels actes et pire encore quand les prêches incendiaires contre les militants progressistes et contre mouvement revendicatif font le relais du discours politique fielleux, quand aucune suite n’est donnée à l’assassinat de Chokri Belaïd, alors que le commanditaire serait arrêté depuis plusieurs mois ?

 

Comment s’étonner qu’on assassine un critique virulent du pouvoir quand ce pouvoir n’hésite pas à matraquer de jeunes lycéens qui ont osé, avec leurs enseignants, organiser une séance de break-dance devant leur établissement scolaire... Tout cela est une fuite en avant et une tentative de détourner les gens des vrais problèmes auxquels les islamistes au pouvoir  n'ont pas de solution.


La Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) condamne avec la plus grande fermeté l'assassinat de Mohamed Brahmi et exprime sa solidarité avec sa famille, avec son parti et avec le Front populaire. Elle exprime son soutien à la grève générale décidée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) pour ce 26 juillet comme elle se solidarise avec toutes les actions du Front populaire contre le pouvoir autoritaire qui bloque le processus révolutionnaire en cours et  appuie la lutte des forces progressistes et des masses populaires pour la réalisation des objectifs de la révolution du peuple tunisien : démocratie, liberté et dignité sociale.


Vive la révolution des Tunisiennes et des Tunisiens dont rien n’arrêtera l’élan !


Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR)

Le 25 juillet 2013

Publié dans Solidarité

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