Tunisie, l’ATFD prône une égalité parfaite entre l’homme et la femme (ESSF)

Publié le par revolution arabe

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Madame Belhadj, présidente de l'ATFD
10 août 2012
  

« Le projet de la nouvelle constitution fait peur. Nous nous battrons pour que la Tunisie ne régresse pas »,

 

affirment ce vendredi les trois associations dont l’ATFD (Association tunisienne des femmes démocrates), la LTDH (Ligue tunisienne des droits de l’Homme) et l’AFTURD (L’Association de la femme tunisienne pour la recherche et le développement), lors d’une conférence de presse tenue du 13 août pendant laquelle la Tunisie fête le 55e anniversaire de la promulgation du Code de statut personnel (CSP).


Protéger les acquis de la femme tunisienne durant les dernières décennies ?

 

Ce n’est pas l’unique but des trois associations. « Nous en voulons davantage », dit la présidente de l’ATFD. Ahlem Belhadj prône « une égalité parfaite entre les hommes et les femmes. Le projet la constitution nous fait très peur. La femme n’est pas une sous-citoyenne et a les mêmes droits et devoirs que l’homme. L’article 28 de la nouvelle constitution peut nous obliger à revenir en arrière sous prétexte de la complémentarité ».


Les associations ont demandé l’autorisation du ministère de l’Intérieur de manifester à l’Avenue Hbib Bourguiba le lundi 13 août, mais ont encaissé un refus :

 

« Notre manifestation ? Nous avons eu l’accord du MI mais ce n’est pas ce que nous avons voulu. On nous a privés de l’avenue Bourguiba, un lieu symbolique, mais nous insistons pour ça. Je rappelle aussi qu’au contrairement aux années précédentes, les festivités auront lieu dans plusieurs villes du pays, comme Kairouan, Sousse et Sfax ».


La présidente de l’ATFD rappelle ensuite que le code du statut personnel n’est pas sacré et qu’il doit évoluer dans « le bon sens ».

 

Elle souligne : « Ses textes ne sont pas irréprochables dans la mesure où ils comportent encore des articles que nous voudrions supprimer tels que l’âge du mariage, le tutorat des familles qui est confié aux hommes. Cela doit changer »


Place ensuite à Abdessatar Ben Moussa, président de la LTDH :

 

« Nous aurions préféré que cette conférence se déroule dans d’autres conditions. Aujourd’hui c’est un jour triste. Nous aurions espéré que le ministère de l’Intérieur ne donne plus de permission pour les manifestations et qu’on sorte dans la rue quand on veut. Les manifestations ? Elles n’auraient pas posé de problèmes pour les commerces et la circulation. Pour le président de la ligue tunisienne des droits de l’homme, la constitution qui se prépare à l’ANC ne défend pas les libertés mais les supprime. C’est projet qui fait peur. Mais nous resterons en éveil et nous ne permettrons pas de retour en arrière ».


Radhia Belhadj Zekri, présidente de l’AFTURD, fait écho à ses collègues et rajoute qu’il n’y a pas de vraie démocratie sans égalité totale entre l’homme et la femme. Elle précise ensuite qu’il n’est plus question d’admettre les différences entre les deux sexes dans le partage de l’héritage et affirme : « C’est une des plus grandes lacunes du code du statut personnel ».


Pour elle, les festivités de cette année arrivent dans un contexte très particulier : « Aujourd’hui, nous sentons qu’une dictature institutionnalisée est en train de s’installer en Tunisie. On limite les libertés sous prétexte de la protection des bonnes mœurs. C’est aberrant ».



* Article paru sur http://www.gnet.tn

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