Tunisie. Le sud se lève contre un chômage à 50 % (OF)

Publié le par revolution arabe

moncef marzouki7

vendredi 28 septembre 2012

Dans la région de Tataouine, les jeunes diplômés sont décidés à sortir de la marginalisation. Ils manifestent chaque semaine.


Tataouine. De notre correspondante


Le rendez-vous est reconduit chaque jour, depuis le 18 septembre, à 9 h, au local de l'Union des diplômés chômeurs (UDC) de Tataouine, une ville nichée dans les dunes rocailleuses du sud tunisien. Ce jeudi, ils sont quelques centaines à défiler dans le centre-ville au rythme du slogan phare de la révolution de 2011 : « Travail, liberté, dignité ». « Nous sommes des citoyens de seconde zone », lâche Ahmed Bounamcha, 31 ans, une maîtrise en poche et huit ans de chômage.

 

Une région négligée


La mobilisation a commencé après la publication des chiffres du chômage : 51,7 % dans le gouvernorat (région) de Tataouine, contre 17,6 % à l'échelle nationale, et 5,7 % à Monastir (côte). À quelques jours d'intervalle tombaient les résultats d'un concours d'entrée dans la fonction publique : dans le sud, le taux de réussite frôlait 0 %. « Nous voulons des quotas de recrutement par gouvernorat », assène Faouzia Taïeb, 32 ans, titulaire d'une maîtrise de français depuis 2005. Travailler « dans le public », c'est le rêve de beaucoup de Tunisiens, rétifs au privé où les entorses au droit du travail sont la norme.

 

Pour les diplômés qui sortent à tour de bras des universités, les opportunités sont d'ailleurs limitées dans un secteur privé avide de main-d'oeuvre peu qualifiée. Les entreprises pétrolières qui exploitent le sous-sol du Sahara embauchent des ingénieurs, mais plutôt sur la côte. « C'est là-bas que se trouvent leurs services administratifs, souligne un chômeur qui campe depuis 25 jours face au gouvernorat. Pour se porter candidat, nous devons faire le déplacement ». Seuls 5 % des travailleurs du pétrole viendraient de Tataouine, selon l'UDC, qui demande là aussi un système de quotas.

 

« Un accord en ce sens vient d'être conclu avec les compagnies pétrolières », assure Mourad Achour, le gouverneur (sorte de préfet), qui met néanmoins en garde contre toute tentation de « régionalisme ». Lundi, il a dû quitter son bureau, escorté par l'armée, sous les « Dégage ! » des chômeurs. « La région a été négligée depuis l'indépendance, souligne-t-il. Il faut développer des infrastructures, créer des zones industrielles pour attirer les entreprises ».

 

En attendant, les autorités parent au plus pressé en renforçant les programmes sociaux. Les habitants de Tataouine continuent à vivre de la contrebande et de l'argent des émigrés. Ahmed Bounamcha a tenté trois fois de rejoindre les côtes italiennes par la mer, mais il est toujours revenu à la case départ, délesté de ses maigres économies. Ce samedi, il ira manifester à Tunis, à l'appel du bureau national de l'UDC, pour « mettre la pression » sur le gouvernement. Faouzia Taïeb n'ira pas. « C'est aux ministres de venir à Tataouine ».

 

Anouk LEDRAN.

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blog intéressant, merci pour l'info

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Complètement d'accord avec toi.

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Enfin un très bon site explicatif