Tunisie : les tâches économiques d’urgence du gouvernement de salut

Publié le par revolution arabe

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Pour faire face aux conditions économiques et sociales actuelles, il faut combattre les facteurs de l’hémorragie financière de l’Etat et augmenter ses ressources, afin de permettre au gouvernement de salut de mettre en œuvre son programme en se basant essentiellement sur nos propres capacités nationales, et de réduire la dépendance excessive du capital mondial.


Le plan de mobilisation financière nationale d’urgence, revendiquée par la Ligue de la Gauche Ouvrière (LGO) dans le cadre du Front populaire et du gouvernement de salut, repose sur les principes et procédés suivants :


1 – faire face à l’hémorragie financière extérieure, dont notamment :

• l’endettement : suspension du remboursement de la dette publique extérieure pour une période suffisante pour procéder à un examen avant de prendre une décision nationale souveraine consacrant son annulation...

• les privilèges des capitaux étrangers nocives et contraires à l’intérêt national qui sont matérialisés dans différents types d’exonérations fiscales de nature coloniale dont notamment :

• l’annulation des exemptions de la TVA à l’importation accordées aux compagnies étrangères...

• l’annulation des exemptions des taxes sur les profits des compagnies étrangères...


2 - la justice fiscale. L’assujettissement équitable à l’impôt de toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens nécessite une imposition proportionnelle à la fortune et aux revenus. Et afin de parvenir à une justice fiscale, à une augmentation des ressources de l’Etat et pouvoir renforcer l’indépendance de celui-ci vis-à-vis des cercles financiers internationaux, il est du devoir du gouvernement de salut de prendre les mesures budgétaires suivantes :

* instaurer une taxe sur les grosses fortunes...

* l’extension du seuil d’assujettissement du régime forfaitaire et élargir sa base dans l’attente de sa révision radicale...


3 – faire face au système de la corruption et de la criminalité financière qui a prospéré sous le régime dictatorial et continué après la révolution, et ce, par :

* combattre toutes les formes de fuite des capitaux de la Tunisie dont la valeur avait atteint sous le règne du Président déchu 54 000 milliards de millimes...

* une campagne nationale de recouvrement des sommes dues au Trésor public découlant du recours au procédé le plus nocif aux finances publiques, à savoir l’évasion fiscale, et de contrôle du recouvrement des impôts ; à ce titre il faut recruter 1000 nouveaux agents...

* un audit de tous les contrats de concession relatifs à l’exploitation pétrolière et du gaz naturel attribués aux sociétés étrangères, leur examen afin de récupérer le manque grave dans les recettes du Trésor public...

* un audit de toutes les opérations de privatisation faites depuis 1987 et prendre les mesures appropriées, y compris la confiscation et la nationalisation...

* soumettre les cadres de l’Etat et ses rouages à un plan d’austérité strict, et rendre l’exercice du président de la République et des membres du gouvernement de salut non rémunéré et sans privilèges pécuniaires...


4 - mobiliser l’effort financier national solidaire pour soutenir les efforts du gouvernement de salut pour lui permettre d’exécuter son programme urgence :

* une campagne de collecte de fonds nationale de solidarité de tous les Tunisien-nes, y compris à l’étranger...

* une contribution de solidarité volontaire des salarié-es d’un jour de travail pendant six mois...

* l’émission d’un emprunt obligataire par appel public national pour financer les programmes du gouvernement populaire et sans s’endetter extérieure...


Ligue de la Gauche Ouvrière LGO

Tunis, le 3 août 2013

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29443

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