Un attentat sanglant symbole d'une ère révolue (CI)

Publié le par revolution arabe

FatehMilitia

Le triple attentat meurtrier qui a frappé Israël le 18 août a été suivi le 19 de représailles contre la bande de Gaza. Le journal Al Hayat considère que ces évenements remettent une fois de plus la cause palestinienne dans un schéma de lutte archaïque, alors que le printemps arabe a changé la donne.


19.08.2011 | Hussam Itani | Al Hayat

 

Un soldat israélien est transporté dans un hôpital d'Eilat alors qu'il a été blessé dans les attentats du 18 juillet 2011.

Ce n'est pas en quelques mots, ni en quelques lignes, qu'on pourra épuiser le sujet de cette opération [le 18 août triple attentat près d'Eilat, faisant huit morts et des dizaines de blessés israéliens et a été suivi par des représailles contre Gaza] au vu de la polémique qui fait rage depuis des décennies entre Palestiniens et Arabes sur l'utilité du combat armé. Il ne servira à rien de rappeler la longue histoire de l'exploitation de la cause palestinienne par les différents régimes arabes qui, en réalité, ne servaient que leurs propres intérêts. Il sera inutile de s'arrêter sur le moment choisi pour lancer cette attaque contre des bus israéliens dans le Néguev.

 

Car toute réserve se heurtera à la désapprobation de ceux [dans le monde arabe] qui refusent qu'on exprime le moindre doute sur le droit des factions palestiniennes d'attaquer des cibles israéliennes où que ce soit et de quelque manière que ce soit. Selon eux, l'important est de faire en sorte que la cause palestinienne ne tombe pas dans l'oubli, le meilleur moyen pour y parvenir étant la violence. Et peu importe si cela fait peu de cas des intérêts, de la vie et de la dignité des personnes et des peuples.

 

Reste que d'après les informations dont on dispose à l'heure où nous écrivons, il a probablement fallu des mois d'observation, de planification et de préparation avant que la décision d'exécuter le projet à ce moment précis n'ait été prise pour des raisons qui sont autres qu'opérationnelles, [c'est-à-dire dire pour des considérations purement politiques].

 

A moins de penser que les Palestiniens sur place ressentent le besoin de rouvrir le front militaire, il faut bien admettre que d'autres acteurs peuvent avoir intérêt à détourner l'attention de l'impasse dans laquelle ils se trouvent. Autrement dit, la "lutte palestinienne" est encore et toujours, comme dans les années soixante-dix, cette caisse de résonance qui permet aux différents régimes de la région de faire entendre leur voix et d'adresser des messages aux acteurs nationaux, régionaux et internationaux. Et on n'est pas sans savoir que certaines factions palestiniennes ont approfondi leurs liens avec l'Iran ces dernières années.

 

Les auteurs de l'attentat viendraient de Gaza, selon Israël. Le ministre de la Défense israélien Ehoud Barak a promis à Gaza de lui en faire payer "le prix". A voir son empressement de lancer des frappes, on dirait que le souhait de ceux qui ont planifié l'attentat rejoint celui d'Israël, à savoir d'une fuite en avant afin de ne pas devoir composer avec les évolutions politiques (dans le monde arabe) et sociales (en Israël) qui sont contraire à tout ce qu'ils sont habitués à gérer.

 

Il paraît que cet attentat obéit à la logique habituelle qui consiste à embrouiller la situation à un endroit [sur le front israélo-arabe] afin de détourner les regards de ce qui se passe ailleurs [à l'intérieur des pays arabes]. Or cette logique appartient à un univers en déclin depuis les révolutions arabes. Celles-ci rendent vaines les tentatives d'exploiter la cause palestinienne telles qu'on en a vues sur le Golan ou au Liban-Sud [en lançant des attaques contre Israël ou en appellant à des manifestations arabes à la frontière avec Israël].

 

N'entrons pas dans la polémique sur les avantages et les inconvénients des opérations militaires contre Israël. Leurs effets sont connus depuis des décennies. Ne négligeons pas non plus le prix énorme que les Palestiniens risquent de payer. Mais retenons cette conclusion qui s'impose : ce genre d'opérations doit être profondément remis en question. C'est le moins qu'on puisse dire. Car les changements dans la région ont sonné le début d'une nouvelle ère historique. Il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte.

 

 

 

http://www.courrierinternational.com/article/2011/08/19/un-attentat-sanglant-symbole-d-une-ere-revolue

 

 

 

Commentaire: Bien sûr on pourra dire que nous reprenons cet article "bourgeois" à notre compte. Mais il offre un éclairage sur l'instrumentalisation de la lutte palestinienne au profit des régimes dictatoriaux de la région qui craignent les palestiniens plus qu'Israël lui-même.

Commenter cet article