Vive la résistance palestinienne! (Ccr)

Publié le par revolution arabe

17

*

Face à la guerre coloniale et raciste de l’Etat d’Israël, pour la défense du droit à l’autodétermination du peuple palestinien !


Dans La Guerre civile en France, qui porte sur la Commune de Paris et sa répression sanglante, Marx rappelait que la violence des opprimés combattant pour leur liberté n’a rien à voir avec la violence des oppresseurs, qui ont toujours pour eux des moyens techniques et un armement supérieurs, et la légitimité conférée par le droit. Lorsque les solutions «politiques» ou «diplomatiques» ont échoué, ou qu’elles servent manifestement, même si elles sont baptisés du fallacieux noms d’«accords», à l’image des accords d’Oslo de 1993 censés garantir un «processus de paix» entre l’Etat d’Israël et l’OLP, la poursuite de la colonisation systématique et du nettoyage ethnique des terres qui appartiennent aux palestiniens, les peuples colonisés n’ont d’autre alternative, s’ils veulent survivre et ne pas abandonner leur aspiration légitime à l’autodétermination, que la résistance, armée y compris.

Une brèche naissante dans la stratégie d’Israël malgré ses avancées militaires

Face à l’agression que continue de subir actuellement le peuple palestinien, agression qui révèle une fois de plus la politique colonisatrice et raciste de l’Etat d’Israël depuis sa création en 1948, c’est la population civile qui, une nouvelle fois est principale la victime de l’offensive militaire officiellement destinée à sécuriser Israël,d’où son nom, «Bordure protectrice», contre le danger «terroriste» représenté, selon la justification de l’Etat-major sioniste, par le Hamas.


Mais l’objectif en réalité est bien plus vaste, allant des minimalistes représentés par deux ultra-nationalistes comme le premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Moshe Yaalon dont le but est d’affaiblir le Hamas, aux expansionnistes emmenés par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, le ministre de l’Economie, Naftali Bennett, et certains militaires (maintenant majoritaires dans le gouvernement israélien) qui visent à le détruire et à pénétrer profondément dans les sites du pouvoir du groupe intégriste en lui infligeant “une punition qu’il n’oubliera jamais”.


Poussée jusqu’au bout, la logique profonde de l’offensive militaire, qui semble chaque jour plus éloignée de pouvoir faire machine arrière, cherche à briser toute résistance morale et politique chez les palestiniens. Or l’ampleur de la solidarité internationale avec le peuple palestinien, des manifestations de la population arabe en Israël ou en Cisjordanie à la décision symbolique, par exemple, du Brésil de rompre les relations diplomatiques avec l’Etat agresseur, en passant par la multitude de rassemblement en Europe, aux Etats-Unis etc., et cela quel que soit le degré de répression exercé par les gouvernements, mais aussi certains cas d’insoumission de soldats israéliens, les marques de soutien de fractions progressistes de la diaspora juive, révèle une conscience croissante de cette réalité, conscience qui manifeste la faille croissante de cette entreprise idéologique et militaire: au-delà des succès tactiques évidents de Tsahal (destruction des tunnels du Hamas notamment), le caractère complètement asymétrique de cette guerre amène un nombre croissant d’individus et de forces politiques à déchirer le voile d’illusion depuis toujours entretenu sur ses fondements, et à reconnaître la caducité des pseudo-solutions négociées sanctifiés par un «droit international» parfaitement inopérant.


C’est par exemple le cas de la proposition de créer deux Etats [1], formule dont la succession de conflits guerriers dans les dernières années, et auparavant les deux Intifadas, montrent qu’elle est complètement impossible à concrétiser. Elle n’aboutirait, dans le meilleur des cas, qu’à un pseudo-Etat palestinien non viable. C’est de ce point de vue que la poursuite de la résistance palestinienne apparaît dans sa totale légitimité. Cette guerre asymétrique, si le peuple opprimé arrive à garder sa cohésion et sa détermination à lutter, pourrait à terme être récompensées, chez la partie la plus forte, par la combinaison d’une victoire militaire et d’une défaite politique. C’est cela que craint Netanyahou, qui chercher à sortir de cette voie sans y parvenir, et c’est cette brèche stratégique qui peut aujourd’hui servir d’appui pour un soutien massif à la résistance armée des palestiniens, et dans le cadre de laquelle les révolutionnaires doivent prendre clairement position.


Seule la lutte peut assurer la libération de la Palestine Nous ne condamnons pas l’offensive militaire d’Israël pour de simples raisons humanitaires, mais parce que nous estimons qu’il est de notre devoir, en tant que révolutionnaires, d’appuyer la résistance palestinienne contre l’attaque israélienne et la défense du droit à l’autodétermination du peuple palestinien: c’est en vertu de cette position de principe élémentaire que nous apportons sans ambiguïté notre soutien à la nation opprimée. Et pour faire front contre cette oppression brutale, il n’y a pas de raccourcis possibles: aucune proposition de “paix” (ce à quoi malheureusement se limitent différentes organisations de la gauche de la gauche en France) susceptible de bafouer le droit des palestiniens et des gazaouis, à la lutte armée contre l’oppression, le massacre, et l’outrage permanent à liberté nationale, n’est admissible. La solidarité internationale contre le massacre perpétré par l’Etat sioniste est donc inconséquente si elle prétend faire front contre la guerre et l’occupation actuelle sans appuyer la résistance armée et la guérilla palestiniennes.


Mais soutenir la résistance armée des palestiniens ne signifie aucunement apporter un soutien au Hamas, qui est actuellement le principal organe de direction de cette résistance. Nos différences stratégiques avec le Hamas sont effet énormes. D’une part il y a quelques mois cette organisation politique a accepté un gouvernement d’union nationale avec l’Autorité palestinienne qui a le soutien d’Israël, des Etats-Unis et de l’Union européenne. D’autre part nous affirmons clairement que l’objectif stratégique des directions islamiques comme le Hamas de transformer la Palestine en un Etat théocratique, est totalement réactionnaire.


Non seulement cette stratégie liquide les libertés démocratiques fondamentales, mais l’idée illusoire d’une “communauté des croyants” occulte de surcroît les profondes divisions de classes des sociétés islamiques. Cette stratégie est donc complètement antagonique avec l’idée d’une classe ouvrière qui, à la tête des masses opprimées de la région et au travers d’une politique indépendante, affronterait l’impérialisme et ses laquais gouvernementaux locaux. Contre cette politique qui mène la lutte pour la libération nationale des palestiniens dans l’impasse, les marxistes révolutionnaires sont pour la destruction de l’Etat sioniste réactionnaire d’Israël au profit de l’établissement d’une Palestine ouvrière et socialiste permettant aux juifs et aux arabes de vivre en paix, dans la perspective d’une Fédération Socialiste du Moyen-Orient, seule perspective capable d’assurer progressivement une véritable sortie de cette situation d’oppression brutale que subissent les masses palestiniennes.

*

http://www.ccr4.org/Vive-la-resistance-palestinienne

Publié dans Solidarité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article